Ep. 94 Quand l’astronomie rencontre l’entrepreneuriat avec Mélissa Abes


 
As-tu une passion d’enfance qui a quelque peu forgé ta vision du monde, qui a forgé qui tu es?
 
As-tu des intérêts que tu aimerais donc approfondir, mais que tu n’aurais jamais penser monétiser?
 
Dans l’épisode de l’Ambition au Féminin d’aujourd’hui, on aborde un sujet près de moi, de mon identité d’enfance et de mes rêves initiaux. Un épisode qui est directement au cœur de tous mes intérêts fondamentaux qui me viennent de très loin dans ma vie.
 
On va parler entre autres d’univers, d’étoiles, de littérature, de psychologie, d’entrepreneuriat et comment tout ça est possible quand on devient le maître/ la maîtresse de notre succès et de la vision qu’on a pour nous-mêmes.
 
J’ai rencontré Mélissa lors du Festival Web de la Création de Contenu organisé cet été par Alexandra Martel et j’avais trouvé son projet d’observatoire itinérant super intéressant. Ça m’avait fasciné de voir quelqu’un qui avait choisi de faire de la recherche indépendante en astronomie et je voulais savoir comment elle a fait pour réussir à vivre de sa passion.
 
Dans l’épisode d’aujourd’hui, on discute donc de :
 

  • Qu’est-ce qui l’a attiré dans l’astronomie
  • Comment elle a fait pour tourner sa passion en entreprise
  • Ce qui l’a poussé à créer son observatoire itinérant Stellarius
  • Les difficultés qu’elle a rencontré en suivant sa voie et comment elle les a surmonté

Si vous étiez du genre rêveur ou à vous poser des grandes questions quand vous étiez enfants, envoyez-moi un message parce que je crois qu’on est fait pour se parler!
 

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À propos de Mélissa Abes

 
Mélissa est une chercheuse indépendante en astronomie et en science humaine qui a créé son propre laboratoire indépendant Stellarius en 2018.
 
Elle vit dans le Sud-Est de la France avec son fils et son compagnon, qui est aussi entrepreneur et avec qui elle collabore.
 
Mélissa n’était pas destinée à la recherche, si à l’astronomie et elle ne croyait pas qu’il était possible de vivre de ses passions. Elle dit que son histoire ressemble à celle des héros de conte, de ceux qui traversent des forêts peuplaient de créatures étranges et de rencontres étonnantes et qui à la fin parviennent à gouverner leur propre univers.
 
Stellarius est la synthèse de plusieurs de ses passions, mais il est aussi la réponse à la difficulté qu’elle a rencontrée de trouver sa place et exprimer son plein potentiel. Aujourd’hui, sa mission est de partager et faire connaître l’astronomie autrement, dans une rencontre riche et palpitante entre la science et l’anthropologie, saupoudrée de mythes, de contes et de légendes.

Mentionné dans cet épisode :

 

Transcription de l’épisode 94

Ep. 94 Quand l’astronomie rencontre l’entrepreneuriat avec Mélissa Abes.mp3 – powered by Happy Scribe

J’ai eu, oui, des passages comme ça, un peu à vide, où quand on me présentait, on disait de moi que j’étais animatrice. Ou j’ai reçu aussi des messages de mon ex-belle-famille qui se moquait un peu de ma démarche. Et en fait, ce qui s’est passé, c’est que j’ai eu la chance, à ce moment-là, d’entrer en contact avec un linguiste qui a travaillé sur le ciel des civilisations arabes. Et puis, je l’ai au téléphone, j’avais fait l’acquisition de son livre, et puis au téléphone, je lui dis: « en fait, j’ai vraiment envie de faire de la recherche, vraiment me donner à fond. Mais voilà, je n’ai pas ce bagage. » Et il m’a simplement dit: « tu veux faire de la recherche, eh bien devient chercheuse. » Et donc, j’ai eu de la chance, en fait, dans ce parcours-là, d’avoir des personnes qui m’ont discréditée et qui ont cherché à ne pas me valider. Et à la fois, j’ai eu, à certains moments, des petits coups de pouce, jusqu’au moment où, et ça, c’est la partie importante, c’est qu’en janvier dernier, je perds ma mère, ma mère décède. Et là, ça a été pour moi, je suis entrée dans un chemin de deuil, mais pas un chemin de deuil triste. Ça a été, c’est encore un chemin d’une profonde transformation. Et à partir de ce moment-là, quelque chose a changé, mais vraiment, en moi. À partir de ce bout-là, je n’avais plus besoin que quiconque me valide. C’était terminé. Ça a été terminé. Et dans le temps qui a suivi, exactement quatre mois après son décès, le lendemain de la date d’anniversaire de son décès, à quatre mois, Stellarius est devenue une entreprise.

Vous écoutez l’ambition au féminin, épisode 94. Mon nom est Tatiana St-Louis, et j’anime l’ambition au féminin, un podcast pour toutes les femmes pleines de vision, de talent et de « drive » qui désirent redéfinir le succès selon leurs termes et leurs conditions. Chaque semaine, j’explore seule ou en présence d’invitées, les thèmes entourant la réussite professionnelle et personnelle: « mindset », productivité, leadership, « branding » personnel. C’est le rendez-vous pour réfléchir à la façon dont tu veux vivre ton plein potentiel et laisser ton empreinte dans le monde.

Salut les ambitieuses, comment vous allez aujourd’hui? J’espère que vous allez bien, que tout s’enligne pour créer une fin d’année en grand. On est déjà dans le 4e trimestre de l’année. Le temps passe vite, les choses changent à vitesse grand V. Je ne sais pas pour vous, mais 2021 est une année extrêmement intense au niveau « business », mais aussi au niveau de toute la réflexion personnelle que j’ai faite autour de mon succès, autour de comment je voyais, dans le fond, les prochaines années pour moi. Puis quand vous écoutez ça, c’était mon anniversaire aussi. Puis j’ai réfléchi à plein de choses. Bref, ce qui est intéressant, parce qu’aujourd’hui, l’entrevue que je vous propose, c’est à propos d’un sujet très près de moi, de mon identité d’enfance. Je dirais même de mes rêves initiaux. Un épisode aussi un peu plus philosophique, qui est vraiment ancrée au cœur de tous les intérêts fondamentaux qui me viennent de très, très loin dans ma vie. On va parler d’univers, on va parler d’étoiles, on va parler de littérature, on va parler de psychologie, on va parler d’entrepreneuriat. Puis on va parler de comment tout ça, dans le fond, est possible quand on devient le maître, la maîtresse de notre succès, de la vision qu’on a pour nous-mêmes.

Alors pour venir sur le podcast aujourd’hui, j’ai invité Mélissa Abes, qui a 35 ans et qui est chercheuse indépendante en astronomie et en sciences humaines. Et je l’avais rencontrée lors de l’événement, le Festival web de la création de contenu. Parce que, justement, j’avais trouvé ça hyper intéressant son projet d’observatoire astronomique itinérant qu’elle a appelé Stellarius et qui existe depuis 2018. Et ça m’a tout à fait fascinée de voir quelqu’un qui avait suivi cette voie de la recherche indépendante, qui était rentrée pleinement dans cette passion qu’est l’astronomie. Parce que ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que quand j’étais petite, je rêvais, c’était ma profession rêvée d’être astronome, de passer mes journées à rechercher le fond du ciel pour en découvrir les fondements de notre existence, de quoi on était créés, l’immensité de l’univers. Bref, j’étais un enfant très rêveur, disons. Alors quand j’ai vu que Mélissa avait fondé un observatoire et qu’elle avait dédié un peu sa vie professionnelle, du moins, à cette recherche de l’immensité, cette recherche de notre place dans l’univers, ça m’a intéressée d’aller voir comment elle fait pour en vivre, comment elle en est arrivée à cette réalisation que c’était ça, l’œuvre qu’elle voulait créer là, maintenant, dans sa vie.

Alors, l’Observatoire est aujourd’hui une entreprise à part entière. Mélissa, elle vit dans le sud-est de la France, pour nous donner un peu de contexte, avec son fils et son compagnon, qui lui aussi est entrepreneur. Elle ne se destinait pas à la recherche. Et ça, c’est un autre élément super important, parce qu’encore une fois, si vous connaissez un peu mon histoire, moi, j’ai arrêté mes études après la maîtrise, alors que je me destinais au doctorat, à une vie d’académicienne, au professorat universitaire. Et de voir quelqu’un qui a décidé de devenir chercheur indépendant, pour moi, c’était comme wow! C’est comme mon rêve! C’est comme mon rêve devenu réalité dans cette personne. Qui sait, bon. Alors elle ne se destinait pas à la recherche, ni à l’astronomie. Et elle ne pensait surtout pas qu’il était possible de vivre de ses passions. Donc son histoire, elle dit qu’elle ressemble à celle des héros de contes, ceux qui traversent des forêts peuplées de créatures étranges et de rencontres étonnantes, et qui, à la fin, parviennent à gouverner leur propre univers. Stellarius, c’est la synthèse de plusieurs de ses passions et centres d’intérêt, et aussi sa réponse à une difficulté à trouver sa place et à exprimer son plein potentiel. Et puis, j’ai tellement de sentiments quand je lis ça, parce que justement, trouver sa place, sentir sa place, et pour moi, l’astronomie, ça a toujours été ça. Quelle est ma place dans l’univers? Quelle est ma place dans le monde? Comment est-ce que je peux être quelqu’un alors que je suis si petite? Comment est-ce que mon existence peut avoir un sens, alors que cette immensité autour de nous n’a aucune conscience qu’on existe? Bref, vous allez voir, ça va être une conversation quand même philosophique, mais dans laquelle on parle aussi de ces conseils qu’on reçoit, en entrepreneuriat, de comment la vie nous amène à créer nos propres versions du succès. Et ce qui est intéressant, aussi, avec le projet de Mélissa, c’est qu’aujourd’hui, sa mission, c’est de partager et faire connaître l’astronomie autrement, donc de briser un peu les codes autour de cette discipline. Et ce qu’elle fait, c’est vraiment, c’est des rencontres riches et palpitantes entre la science et l’anthropologie, saupoudrées de mythes, de contes et de légendes. Tous mes intérêts à une seule place! Et vous allez voir comment j’ai eu du plaisir à parler avec Mélissa, parce qu’on connectait à un certain niveau quand même assez profond, où c’était la conjonction de tous ces intérêts, ces influences, et aussi, probablement, ce qui nous a menées à devenir toutes les deux entrepreneures. Alors sur ce, je vous souhaite une excellente écoute! Et si vous étiez du genre rêveur, si vous étiez du genre à vous poser de grandes questions vous aussi, quand vous étiez enfant, faites-moi un « shout out » sur LinkedIn ou Instagram, parce que je pense qu’on est faites pour se parler. Alors je vous souhaite une excellente écoute, et on se dit à la prochaine!

Bonjour Mélissa, comment vas-tu? Bienvenue sur l’ambition au féminin! Je suis contente de te recevoir aujourd’hui!

Merci, je suis très contente aussi de pouvoir enfin échanger avec toi!

Oui! Tu as eu un été chargé professionnellement, et peut-être personnellement aussi! Donc on a finalement trouvé un temps pour avoir cette belle conversation que je suis sûre qu’on va avoir aujourd’hui.

Exactement. J’ai hâte!

Alors, j’aime ça toujours commencer avec une petite question brise-glace. Puis je pense que ça va être hyper pertinent avec la conversation qu’on va avoir. C’est toi quand tu étais petite, c’était quoi ton rêve, qu’est-ce que tu voulais devenir?

Je voulais devenir écrivain. Donc vraiment, la chose qui n’a rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui. Quoique j’écris beaucoup pour l’Observatoire. Mais oui, je voulais être écrivain.

Qu’est-ce qui t’attirait dans ça?

Je pense que c’est, j’ai un rapport au monde sensible et j’ai une façon de le voir avec une certaine poésie, et je crois que j’avais envie de pouvoir le partager, ce que j’essaie de faire, d’ailleurs, sur les réseaux sociaux, de partager un peu cette vision du monde. Et puis finalement, en cours de route, avec un parcours un peu atypique, je me suis aperçue qu’il y avait d’autres moyens de pouvoir partager mon univers.

Et le mot univers est tout aussi important ici, l’univers et la poésie. Super! Parlant de ce parcours-là, atypique, peux-tu nous en parler un petit peu? Puis, comment est-ce que l’astronomie, ça s’est manifesté comme passion dans ta vie, à travers tout ça?

Alors, comme parcours atypique, j’ai eu la chance, après mon bac, de pouvoir aller à l’université. J’ai étudié la littérature, la musique et le théâtre. Et puis, j’ai eu la chance par la suite d’étudier l’archéologie, l’histoire de l’art et la théologie. Mais dans ce parcours-là, malheureusement, il y a une péripétie. C’est-à-dire que ma mère est tombée gravement malade et je suis devenue, malgré moi, ce qu’on appelle aidante familiale. J’ai arrêté, donc, mes études en cours de route pour pouvoir m’occuper de ma mère. Et suite à ça, je n’ai plus pu retourner à l’université. Il a fallu que je sois très créative. Et pour être très créative, j’ai décidé qu’à partir de ce moment-là, plutôt que de monter en hiérarchie ou en verticalité, j’ai décidé d’agrandir mon horizon et de me créer un horizon. Et j’ai pris la décision, j’ai fait le choix de me former dans tous les domaines qui me plaisaient. Donc, ne pouvant pas reprendre des études longues, j’ai décidé de reprendre des études ou des formations courtes, plus ou moins longues, on va dire. Et c’est ce qui a fait que j’ai eu la chance de pouvoir passer tout un tas de diplômes, de certificats, etc., dans divers domaines. Ça va de la pédagogie en passant par l’entomologie et par la suite l’astronomie, par exemple.

Wow! Donc, tu es vraiment ce qu’on appelle une multipotentielle, multipassionnée. Toi, tu es quelqu’un qui s’intéresse, tu as une grande curiosité, dans le fond, du monde, selon ce que je comprends.

Oui, exactement! Et ce faisant, sur ce chemin-là, eh bien, tout simplement, je ne trouvais pas ma place dans le milieu professionnel. Le milieu professionnel n’est pas toujours adapté à des personnes comme moi. Et il a fallu que je réfléchisse à nouveau. Il a fallu être créative. Et donc, un nouveau chemin faisant est arrivé, cette idée de pouvoir créer un projet qui serait à ma mesure, voilà.

Puis l’astronomie, est-ce que c’est quelque chose qui a toujours fait partie de ta vie, ou c’est arrivé comme ça un peu par hasard?

Alors au début, non. Quand j’étais plus jeune, j’aimais regarder les étoiles. Je veux dire, qui n’aime pas regarder les étoiles de temps à autre? C’est arrivé plus, pour mes 30 ans, je me souviens que ma famille m’avait donné un peu d’argent, et je me suis offert une lunette pour pouvoir commencer à observer le ciel. Et finalement, l’astronomie, donc à peu près 30 ans, mais il a fallu attendre encore quelques années pour que vraiment elle prenne sa pleine place. Donc il s’est passé d’autres choses dans ma vie. Entre-temps, j’ai vécu aussi un divorce. J’ai vécu, j’étais mère au foyer. J’ai fait plein de petits boulots. Il y a eu tout un tas de péripéties, comme une aventure. Et à un moment donné, j’ai senti qu’il y avait du potentiel dans l’astronomie et qu’il y avait quelque chose à aller chercher là. Et à l’origine du projet, je voulais créer une école d’astronomie pour pouvoir faire coïncider ma passion pour la pédagogie, entre autres, qui m’a vraiment passionnée pendant dix ans, et l’astronomie. Et puis il se trouve qu’en France, on a un organisme, en fait, par le biais duquel il faut passer pour pouvoir créer les écoles d’astronomie qui, à ce moment-là, m’a dit: « pardon, en fait, ce ne sera pas possible. On ne te connait pas suffisamment. Tu n’as pas suffisamment de ‘background’, donc ce n’est pas possible. » Et il a fallu, à nouveau, que je sois très créative.

Wow! Qu’est-ce que tu a fait à ce moment-là?

En fait, comme on me refusait la création d’une école d’astronomie, j’ai créé un observatoire.

Observatoire et pôle de recherche et c’est ça, parle-nous un petit peu de… Parce que dans le fond, moi, ce que je trouve super intéressant dans ton histoire, c’est tout ce qui t’attirait, on dirait, c’étaient des choses qui ne sont pas traditionnellement valorisées, comme des trucs qui « font de l’argent ». Ce n’est pas des métiers dans lesquels les gens disent: « oh my God, tu as tellement un gros avenir financier », ou des choses comme ça.

C’est exactement ça!

Ça prenait quand même un certain courage de suivre cette voie. Donc, avant que tu nous parles un peu de ton projet, je voulais juste savoir, ta relation avec cette vision et cette pression, peut-être, de te caser dans quelque chose qui était lucratif, est-ce que ça t’a déjà empêchée de poursuivre tes passions, ou au contraire, tu avais vraiment une vision que ce n’était pas si important que ça dans ton univers, justement?

Alors, j’ai eu la chance d’être éduquée par des parents qui, de ce côté-là, ont été très, très encourageants et qui ne m’ont jamais mis la pression. C’est-à-dire que si demain je décide d’ouvrir un camion de pizza, une crêperie ou autre, alors ma mère n’est plus là aujourd’hui, mais mon père, en tout cas, et ma mère, quand elle était encore avec nous, m’auraient soutenue, me soutiendraient à 100 %. Donc, je n’ai pas eu cette pression de la réussite qui aurait pu être inculquée par l’éducation. Je l’ai plus ressentie au niveau de la société, en fait, avec une forte injonction à la fois en tant que femme, à entrer dans un cursus professionnel qui serait plus en adéquation, plus dans le cœur, par exemple. Alors que moi, je voulais vraiment partir dans un chemin qui n’était pas forcément celui du cœur, mais plus celui d’un métier intellectuel, de recherche scientifique, qui englobait un peu tout ça. Donc, j’ai plus ressenti de la pression de la part de la société et pas du tout de la part de ma famille. Je crois que la force, elle réside dans ça. Et j’étais, on m’a laissée libre, en fait, dans le contexte familial, de vraiment me réaliser comme je l’entendais.

Et puis là, ton observatoire, est-ce que c’était déjà, quand tu l’as idéalisé, un projet entrepreneurial, ou c’était plus juste comme, j’ai besoin de concrétiser cette idée que j’ai? C’était vraiment une entreprise que tu avais en tête, ou comment tu en es arrivée?

Non. En fait, et c’est ça qui est intéressant aussi, c’est que j’avais beaucoup de freins en moi qu’il a fallu aussi déconstruire, qu’il a fallu aussi dépasser. Et quand j’ai eu l’idée de créer un observatoire, donc déjà, l’originalité, c’est que je ne voulais pas un observatoire qui soit fixe, c’est-à-dire un endroit où ce soit les gens qui s’y rendent, mais j’ai tout de suite imaginé un observatoire qui allait être itinérant. C’est-à-dire que je voulais, moi, me déplacer avec les télescopes, les lunettes, tout le matériel, là où les gens se trouvaient. Et j’ai eu des freins, j’ai eu des peurs et donc en fait, ça a d’abord été une association loi de 1901. Parce que dans mon esprit, l’astronomie, ce devait être quelque chose de collectif. J’imaginais ça comme quelque chose de noble. Pourquoi? Parce qu’en France, il y a énormément de clubs d’astronomie qui ne sont pas professionnalisants. Ils n’emploient pas, ou rarement, des personnes en tant que salariés, ou c’est souvent des bénévoles. Et donc, j’étais imbibée, en fait, par cette culture-là du point de vue de l’astronomie. Et donc pour moi, c’était, je suis entrée dans ce moule-là. Je me suis dit bien oui, j’aurais plus de chances de réussir si je fais comme tout le monde. Et en fait, c’est la grande erreur. Et c’est la suite de l’aventure qui me l’a démontré, finalement.

Peux-tu nous en parler un petit peu plus? Je trouve ça super fascinant, ce que tu es en train de raconter.

Oui! En fait, quand j’étais sous format associatif, c’était une forme de facilité. Ça me permettait de pouvoir m’occuper de mon fils. Donc je venais de divorcer aussi. Donc ça avait été un divorce un peu houleux. Je m’occupais toujours de ma mère et je me suis dit bien oui, en fait, d’une certaine manière, c’est toujours facile d’être sous le boisseau. Ce n’est jamais évident d’être en pleine lumière. Et l’association, c’était un parfait boisseau. Donc, j’avais réussi à avoir des contrats, mais pas suffisamment pour me salarier. Donc c’était un peu la galère. Au point que je me souviens, c’était il y a deux ans, à peu près, au mois de septembre, après la saison estivale qui est censée être une très grosse saison pour les observatoires, les clubs, etc., je n’avais pas fait entrer assez d’argent pour me salarier, et donc j’ai dû reprendre un petit boulot et je suis allée vendre des fruits et des légumes dans une petite épicerie bio de mon village. Et du coup, à partir de ce moment-là, je l’ai vraiment vécu à la fois comme un échec, mais en même temps, ça m’a indiqué que je ne prenais pas forcément le bon chemin pour moi, je n’étais pas alignée, en fait. Et ce qui s’est passé, c’est qu’il y a eu le confinement, et au moment où le confinement arrive, donc on est en mars, en février, je me blesse le genou et donc je quitte mon emploi à l’épicerie. Et dans le même temps, je m’intéressais beaucoup aux contes, aux légendes et aux mythes. Et j’ai la chance de pouvoir partir juste avant le confinement faire une formation. Donc il faut imaginer que j’adore les formations. Je fais une à deux formations par an pour continuer à monter en compétence, à m’enrichir, etc., personnellement. Et donc, j’ai cette chance de pouvoir partir comme ça, faire une formation avec un anthropologue qui, lui, est spécialiste de la littérature orale, c’est faire tout ce qui est conte, légende, épopée. Et là, je me prends une grande claque et je me dis mince, il y a vraiment quelque chose à faire entre l’astronomie et la littérature orale. Pourquoi? Parce que bien souvent, quand les gens sont en soirée, par rapport aux constellations, aux étoiles, sont associées justement des mythes, des légendes, des contes. Mais bien souvent, on ne les comprend pas, parce qu’on ne fait pas ce travail à la fois sur le symbolique, sur la fonction du conte, du mythe et surtout, un travail autour de l’ancrage culturel. C’est-à-dire qu’un mythe chez les Grecs n’aura pas la même portée qu’un mythe dans une tribu amazonienne, par exemple. Et donc, je m’aperçois à ce moment-là que lorsque je vais dans des observatoires ou dans des clubs pour passer une soirée comme ça à titre personnel, on raconte toujours les mêmes histoires. Et quand je pose des questions, personne n’est capable de m’expliquer pourquoi cette histoire-là, quelle est sa portée symbolique, quelle est sa fonction, pourquoi cette histoire et pas une autre, etc. Et donc, au moment du confinement, là, je fais cette formation. Cette prise de conscience, ça me travaille, et dans la foulée, je crée un pôle recherche. Et là, je me suis dit il faut vraiment faire de la recherche en astronomie, toujours d’un point de vue des sciences exactes, mais l’associer à toutes ces dimensions de sciences humaines.

C’est super intéressant, parce qu’encore une fois, j’aime que ton parcours… Puis, on a tellement de choses en commun! Moi, je voulais être astronome quand j’étais petite.

Ah, mais je trouve ça génial!

Puis j’ai étudié la littérature aussi. Puis il y a cette dimension, justement, du mythe, comme tu dis, du symbolisme, de la place de l’humain dans le monde aussi, que l’astronomie nous rappelle, regarder les étoiles nous rappelle un peu cette place relative qu’on a et subjective qu’on a envers tout ce qui existe, dans le fond.

Exactement! C’est bien ce que ça donne envie de … C’est bien, c’est… On communique bien! En fait, pour moi, l’astronomie, avant d’être une science exacte, avant de pouvoir expliquer des phénomènes physiques ou, etc., c’est d’abord pour moi une expérience de sciences humaines, en fait, qui nous ramène à nous en tant qu’humains, qui pose des questions. Et donc, je trouvais que c’était très enrichissant et intéressant de prendre cette voie-là. D’autant plus que je me suis aperçue que personne n’avait eu envie de la prendre.

Pourquoi, tu penses?

Eh bien, parce que souvent, l’astronomie, je ne parle pas de l’astrophysique qui est faite dans de grands observatoires, avec des doctorants, etc., mais l’astronomie observationnelle de terrain, ce sont souvent des personnes, beaucoup d’hommes, pas tellement de femmes pour le moment, mais j’espère que ça va s’inverser. C’est très lié à la technique. Et quelque part, la technique, eh bien, c’est bien, il en faut, mais il y a peut-être quelque chose qui aseptise et qui nous coupe un peu aussi d’une expérience sensorielle et humaine. Et ça, je le vois en soirée quand les gens viennent à l’observatoire. Je propose plusieurs dates, soit je me déplace, soit on me met à disposition. J’ai des partenariats pour les terrains. Et quand on propose des soirées et qu’au cours de la soirée, je raconte des histoires, j’aime conter, je raconte une histoire, je partage les histoires comme on le faisait dans la tradition orale du milieu rural, comme on le faisait au temps des veillées. Et je raconte des histoires, et je raconte aussi des anecdotes, je joue d’un petit instrument de musique, etc. Et en même temps, je déploie toute la dimension des sciences exactes. Et quand, par exemple, je parle de la Grande Ourse, pour moi, la Grande Ourse, ce n’est pas juste une constellation. C’est à la fois, c’est le petit « scoop » pour ceux qui nous écoutent… La Grande Ourse, c’est à la fois d’un point de vue des sciences exactes, un courant d’étoiles. Ce sont des étoiles qui sont nées dans la même nébuleuse il y a 500 millions d’années et qui, au cours du temps, se sont dispersées et sont en train de se dire au revoir. Mais c’est aussi, d’un point de vue des sciences humaines, un concentré, une cristallisation de notre relation à l’ours, notamment en Occident. On retrouve énormément de fêtes de l’ours, de culte de l’ours, des contes autour de l’ours, parce que l’ours a eu une place très importante au cours du temps. Et la Grande Ourse, c’est à la fois cette partie de sciences exactes, mais aussi c’est cette dimension de sciences humaines. Et l’idée, c’est que lors des soirées, au travers du travail que je mène pour l’Observatoire Stellarius, c’est de réconcilier ça et d’offrir ça à nouveau aux gens, en fait.

C’est magnifique! Et ton pôle de recherche, juste pour en revenir à ça, comment tu le décris? C’est de l’astronomie, tu dis sciences exactes, mais on dirait, puis c’est intéressant, parce que moi, j’ai étudié la littérature comparée. Donc pour moi, ça a toujours été vraiment important dans moi de faire des ponts entre les disciplines comme tu es en train de faire maintenant. Est-ce que tu l’appellerais un peu comme ça, une espèce d’astronomie comparée ou une science comparée?

Oui, c’est exactement ça, c’est exactement ça! Et je le fais à la fois par le biais de l’anthropologie, qui est devenue une de mes grandes passions, et à la fois de par cette dimension de la littérature orale. Parce qu’il y a vraiment un enjeu au travers de cette littérature orale. Donc je rappelle, tout ce qui est conte, mythe, légende, épopée, etc. Pourquoi? Parce que c’est passé au patrimoine immatériel de l’UNESCO, et ce n’est pas un hasard. Et il y a vraiment un enjeu aussi de continuer à transmettre, à préserver, à collecter et à redonner ça parce qu’il y a une grande force dans le conte. Il y a une grande force dans le mythe. Et ça fait du bien. Ça fait du bien aux gens. Beaucoup dans une société d’information, tout ça, donc on a besoin de revenir à cette dimension symbolique, aussi.

Puis, comment est-ce que les gens peuvent se joindre à ce pôle de recherche? Parce que ma prochaine question, qui est vraiment poussée à voir ça a été quoi peut-être un peu la lutte ou l’échange qui a eu quand tu as décidé de faire un pôle de recherche et j’imagine que… Je ne sais pas si tu as combattu un sentiment d’illégitimité, ou sachant que tu n’avais pas nécessairement les études universitaires pour créer quelque chose comme ça, ça a été quoi ta relation par rapport à ça?

C’est une très bonne question. Ma relation à ça, au départ, ça a été… C’est pour ça que c’est intéressant, dans mon parcours, les blocages se sont levés au fur et à mesure. À ce stade-là, au moment où on arrive au confinement, le premier confinement en France, donc du coup, je crée le pôle recherche. Oui, c’est vrai que j’ai ressenti un sentiment un peu, j’étais entre-deux, me disant, mais est-ce que c’est vrai, est-ce que je suis vraiment légitime à faire ça? Et en même temps, je venais de choisir la branche la plus fine de l’arbre, si bien que c’était une branche où personne d’autre n’a envie d’aller, parce qu’elle n’était pas assez solide pour plusieurs personnes. Et donc, j’ai pensé aussi que pour pouvoir créer ce carrefour, il fallait quand même cumuler plusieurs compétences et que ce n’était pas non plus donné à tout le monde et que j’avais cette chance d’avoir pu élargir cet horizon. La difficulté, je ne l’ai pas ressentie encore une fois par rapport à ma famille. Je l’ai plus ressentie par rapport à la société, plus par rapport à mes relations, pas familiales, mais plus amicales, ou le cercle de connaissances. Et ça s’est plus ressenti par rapport au fait que ces personnes-là ne me validaient pas, en fait. Et donc, j’ai eu, oui, des passages comme ça, un peu à vide, où quand on me présentait, on disait de moi que j’étais animatrice. Ou j’ai reçu aussi des messages de mon ex-belle-famille qui se moquait un peu de ma démarche. Et en fait, ce qui s’est passé, c’est que j’ai eu la chance, à ce moment-là, d’entrer en contact avec un linguiste qui a travaillé sur le ciel des civilisations arabes. Et puis, je l’ai au téléphone. J’avais fait l’acquisition de son livre et puis, au téléphone, je lui ai dit: « en fait, j’ai vraiment envie de faire de la recherche, de me donner à fond. Mais voilà, je n’ai pas ce bagage. » Il m’a simplement dit: « tu veux faire de la recherche, eh bien devient chercheuse. » Et donc, j’ai eu de la chance, en fait, dans ce parcours-là, d’avoir des personnes qui m’ont discréditée et qui ont cherché à ne pas me valider. Et à la fois, j’ai eu à certains moments des petits coups de pouce jusqu’au moment où, et ça c’est la partie importante, c’est qu’en janvier dernier, je perds ma mère. Ma mère décède. Et là, ça a été pour moi, je suis entrée dans un chemin de deuil, mais pas un chemin de deuil triste. Ça a été, c’est encore un chemin d’une profonde transformation. Et à partir de ce moment-là, quelque chose a changé, mais vraiment, en moi. À partir de ce moment-là, je n’avais plus besoin que quiconque me valide. C’était terminé. Ça a été terminé. Et dans le temps qui a suivi, exactement quatre mois après son décès, le lendemain de la date anniversaire de son décès, à quatre mois, Stellarius est devenue une entreprise.

Magnifique! Quelle belle histoire! Et je trouve ça aussi vraiment encourageant, parce qu’ultimement, puis j’ai toujours eu cette image du chercheur qui le fait par passion et de ces érudits du passé, puis là on pense à Léonard de Vinci, etc., qui avaient ces multiples passions et qui faisaient juste les poursuivre jusqu’à leur complétude, dans leur propre pratique, dans leur propre vie. Et ça, je trouve ça très, très noble comme façon d’opérer. Il y avait d’autre chose que je voulais dire par rapport à ça, parce que je trouvais ça… Ah oui, je regardais un documentaire sur Netflix, sur les mycologues, sur les champignons. Et justement, ils disaient: « c’est rare, les communautés d »amateurs’ où l’expertise est aussi poussée. Et la connaissance est vraiment poussée à un degré, genre, qu’on pourrait appeler professionnel. Et puis là, la sphère amateur/professionnel ou la sphère amateur/académicien ou peu importe, se brouille, parce que, justement, le grand avantage de l’amateur, c’est cette passion-là. » Et je pense que peut-être la chose qui fait peur dans les gens… Et puis là, peut-être qu’on pourra parler un peu plus de cette notion de toi qui mets le chapeau de l’entrepreneur, c’est de se dire une passion, ça ne peut pas devenir une entreprise. Une passion, ça ne peut pas générer de l’argent, parce que la valeur de la passion réside seulement dans l’amour, et ça peut juste rester du côté du « hobby », et qu’il y a cette distinction entre persona, entrepreneurial social qui fait de l’argent et qui sert les autres, et quelqu’un qui va, justement, poursuivre sa passion. Est-ce qu’il y a eu des compromis que tu as dû faire quand tu as décidé qu’il fallait réfléchir avec ton chapeau d’entrepreneur, maintenant, à ce que tu créais, ou vraiment, tu fais juste suivre ton intuition puis t’amener là où ça va? Ton côté stratégique, il entre à quel niveau?

Alors, ce qui s’est passé, c’est que quand j’étais sous format associatif, j’ai eu l’occasion d’y réfléchir, en fait. Et pour revenir à cette frontière que tu évoquais entre l’amateur et le professionnel, ça se ressent beaucoup dans le milieu de l’astronomie. Et donc, quand j’étais sous format associatif, j’avais beau faire rentrer un peu d’argent, alors certes, je n’arrivais pas à me salarier pleinement, mais je n’étais toujours pas considérée comme une professionnelle. Et je me suis rendu compte qu’il a fallu que je traverse la frontière et que j’endosse le rôle de chef d’entreprise, en fait, pour qu’à ce moment-là, je sois légitime à être considérée comme professionnelle dans le milieu de l’astronomie.

Après, pour la stratégie, j’avais, oui, quelques idées, notamment les soirées que j’ai appelées rendez-vous en ciels inconnus, qui devaient être des soirées, justement, où devaient se rencontrer la dimension sciences exactes et la dimension sciences humaines. Et ça, c’était une certitude que ces soirées-là devaient exister. Et puis j’y avais pensé, parce qu’aucun autre observatoire, aucun autre club en France ne le proposait, en fait. Et donc, j’étais sûre d’aller dans une voie qui apparemment n’intéressait personne, mais en réalité intéresse beaucoup de monde. Et ce qui s’est passé, c’est que finalement, sous forme d’entreprise, ça ne fait pas très, très longtemps, ça fait quelques mois seulement, et ça a bien fonctionné. Donc, ces soirées-là ont bien fonctionné.

Et au niveau stratégique, c’est maintenant que ça intervient, si tu veux. Là, je suis en train de préparer la rentrée et la suite, et notamment je voudrais que l’Observatoire puisse continuer à proposer des soirées en automne, en hiver et au printemps, parce qu’on a le ciel de saison qui est magnifique. Il y a énormément de choses à voir et à dire. Et ce qui m’a rattrapée, aussi, durant ces quelques mois-là, en tant qu’entreprise, c’est que, par exemple, je pensais que j’avais un seul type de client idéal, et c’est pour ce client-là que j’ai créé des rendez-vous en ciels inconnus. Puis je me suis fait rattraper en m’apercevant que non, il y avait d’autres personnes qui étaient intéressées, notamment les familles. Et donc là, je suis en train de créer des soirées pour les familles, par exemple. Voilà! Donc la stratégie, je dirais que c’est un mix entre l’intuition et aussi la réflexion, parce qu’il faut que l’observatoire puisse durer dans le temps, et donc aussi franchir les paliers au fur et à mesure, ce qui, pour l’instant, j’arrive à faire, quoi.

Est-ce que tu digitalises d’une façon ou d’une autre ce que tu fais, ou c’est vraiment en personne, le modèle que tu poursuis?

En fait, j’aimerais qu’il y ait les deux. J’ai un site internet sur lequel j’ai mis des ressources en ligne. En fait, j’ai la chance, mon compagnon est lui-même entrepreneur. Il a un studio de création graphique. Et donc, en fait, on s’associe et on a créé des documents, on a créé des dossiers de vulgarisation autour de l’astronomie. Et donc, j’aimerais à terme qu’il y ait à la fois les soirées astro. Il y aura aussi de la revente d’instruments, parce que ça, c’est aussi une demande qui existe. Les gens aimeraient pouvoir venir en soirée, repartir directement avec un télescope ou une lunette. Et j’aimerais aussi pouvoir, à un moment donné, proposer, en effet, à l’achat, des produits de vulgarisation, sur le site de l’Observatoire. Donc j’aimerais qu’il y ait un peu les deux. Et pourquoi pas de l’information, soit en ligne, soit en présentiel.

Donc, plusieurs opportunités qui s’offrent à toi, parce que tu as vu… En plus, en tant que, puis je m’excuse si j’utilise ce terme-là, mais c’est juste que je le trouve tellement intéressant, quand tu étais dans ton format plus associatif, où c’était vraiment, encore une fois, la vision de l’amateur, tu as pu aussi être sur le terrain avec les gens qui sont vraiment intéressés par ça. Puis je pense que ça, ça vaut de l’or, quand on lance une entreprise.

Exactement! C’est-à-dire que quand je suis passée en format entreprise, je l’ai fait aussi motivée par la dynamique du deuil que je vivais et qui, pour moi, devait être un chemin de transformation, et qu’il ne devait pas être le lieu d’une tristesse infinie, mais aussi le lieu d’un renouveau. Je voulais que la mort de ma mère me redonne un peu naissance, d’une certaine manière, aussi, qu’elle me féconde, qu’elle féconde aussi mes idées, mon ancrage, et donc, en fait, quand je suis passée en format entreprise, en effet, j’avais l’expérience quand même de quelques années sur le terrain en format associatif.

Est-ce que tu aurais peut-être des conseils à quelqu’un qui, justement, sent qu’elle est très, très, très intéressée, très impliquée dans quelque chose qu’elle considère peut-être comme un « hobby » ou comme quelque chose d’amateur, puis qu’elle ne sent pas qu’elle a la légitimité de se mettre de l’avant? Qu’est-ce que tu pourrais leur dire, peut-être, pour dépasser cet inconfort ou cette peur?

Alors, j’ai une histoire à raconter. C’est un conte qui est raconté par un super conteur, il s’appelle Henri Hugo. Alors cette histoire existe déjà, mais c’est vrai qu’il la raconte magnifiquement. Et c’est l’histoire d’un homme qui vit dans le ghetto de Prague. Et cet homme, vraiment, il a fait une rencontre très, très personnelle avec les histoires, parce que ces histoires-là lui donnent à voir le monde d’une certaine façon. Et il se dit, mais qu’est-ce que je pourrais faire, en fait, pour changer le monde? Eh bien, je vais raconter des histoires. Alors il s’en va sur la place du ghetto de Prague. Et puis il se met à raconter des histoires. Franchement, on ne peut pas dire que ça marche bien pour lui. Parce que bon, il n’y a quasiment personne qui l’écoute. Mais il tient bon, et tous les jours, il revient sur cette place. Et tous les jours, il raconte des histoires, si bien que le temps passe, et un jour, un enfant vient sur cette place, entend cet homme qui raconte des histoires, et il demande aux anciens, mais qui est-il, pourquoi raconte-t-il des histoires? Oh, ce n’est rien, disent les anciens, ce n’est que quelqu’un qui parle au vent. Il voulait changer le monde en racontant des histoires, voilà. Alors l’enfant s’en va trouver cet homme. Et il lui dit, mais pourquoi continues-tu à raconter des histoires? Tu vois bien que le monde autour de toi ne change pas. C’est vrai, lui dit l’homme. C’est vrai, c’est vrai qu’au départ, si j’ai voulu raconter des histoires, c’était pour changer le monde. Mais maintenant, si je raconte des histoires et si je vais raconter des histoires jusqu’à ma mort, ce n’est pas pour changer le monde, c’est pour que le monde, lui, ne me change pas. Et je crois que si on décide de faire de sa passion un métier plus qu’un « hobby », c’est aussi pour que le monde ne nous change pas. Pas uniquement pour avoir un impact sur lui, mais aussi pour que ce monde, tel qu’il est, ne nous modifie pas pleinement.

Wow! C’est fort! J’aime ça! J’ai des frissons.

J’adore cette histoire! Encore une fois, quand je doute, je me la raconte. C’est pour ça que vraiment, il y a quelque chose de puissant dans les contes.

Oui, j’adore ça. J’adore cette approche que tu as décidé d’adopter. Où, comment on peut te trouver, suivre tes aventures, voir le développement, dans le fond, de tous ces projets que tu as? C’est quoi les meilleures façons de rester en contact avec toi?

Alors il y a le site internet, qui est vraiment l’entrée, la porte d’entrée dans l’univers de Stellarius. C’est, si on tappe astronomie-stellarius sur le site internet. Ensuite, je suis présente, je fais l’expérience des réseaux sociaux. Je ne cache pas que je n’étais pas une grande aficionado des réseaux. On ne peut pas dire, d’ailleurs, que j’ai, je ne pense pas franchir le cap de l’influenceuse sur Instagram. J’ai 71 abonnés, je crois. Et sur Facebook, un peu plus. Mais ça peut aussi se faire par cette porte-là. Pourquoi? Parce que j’ai grand plaisir à écrire et j’aime écrire. Et j’aime raconter des histoires quand j’écris, et donc je le fais souvent. J’accompagne mes textes avec une photo. Et donc, si ça vous plaît, si vous avez envie d’aller un peu plus loin, on peut me retrouver sur Facebook. C’est Stellarius 180, je crois, et ainsi que sur Instagram. Et après, le mieux, et ce que j’aime le plus, c’est vraiment entrer en relation avec les gens, donc ne pas hésiter à m’envoyer un mail, je réponds toujours.

Magnifique! Et puis, tu es dans quelle région? Si on veut aller à un de tes événements?

Alors je vis dans le Haut-Var, donc en région PACA. Mais c’est toute la richesse, aussi, de l’Observatoire, c’est que je me déplace. Donc en fait, il suffit de m’écrire, et qu’on voit ensemble ce qu’il est possible de faire, mais je peux tout à fait me déplacer partout en France. Et puis qui sait, peut-être un jour de l’autre côté de l’Atlantique.

Oui, un jour tu feras une petite tournée ici, au Québec!

Oui, exactement, très, très chouette!

Mélissa, merci infiniment! Je vais mettre tous les liens pour qu’on puisse te trouver dans les notes de cet épisode, et je te remercie de tous ces partages, vraiment, encore une fois, très poétiques, très puissants. Et je suis enchantée d’avoir pu découvrir un petit peu plus ta vision qui me parle beaucoup, je vais être honnête. Et je te souhaite vraiment un bel automne dans le développement de cette nouvelle phase, je dirais, de Stellarius.

Exactement! C’est vraiment ça, en fait. Sincèrement, je sens un nouveau cap, une nouvelle phase, un nouvel essai. C’est très stimulant!

Magnifique! Bon, bien sur ce, je te souhaite une excellente journée!

Salut les ambitieuses! J’aimerais faire de ce podcast une plateforme d’échanges et de réflexion autour de ce que ça veut dire être une femme et avoir du succès aujourd’hui. Si tu connais une femme dont le parcours inspirant aurait intérêt à être partagé, ou si toi-même pourrais nous outiller grâce à ton expertise ou ton expérience, rends-toi sur juliej37.sg-host.com/invité pour m’envoyer les détails. Et finalement, profites-en pour t’abonner à ce podcast afin de ne manquer aucun des épisodes. Et si tu es dans un mode généreux, laisse-moi donc un cinq étoiles pour aider d’autres femmes comme toi à découvrir le podcast. À la prochaine!

Ep. 94 Quand l'astronomie rencontre l'entrepreneuriat avec Mélissa Abes

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À PROPOS DE L’AUTEURE

Cynthia Pothier

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