Notre désir de confort entrave-t-il notre succès?

Quand notre désir de confort se met dans le chemin de notre succès

C’est en écoutant un épisode du podcast de Brooke Castillo (que j’adore) que j’ai été interpellée à écrire cet article. Le sujet : l’inconfort.

Voici ce que j’en ai retenu :

En tout temps, tu dois choisir entre l’inconfort du changement, qui est inusité, et l’inconfort du statu quo, qui lui est toujours le même. Cependant, un seul de ces choix mène vers la croissance et le succès.

Cette réflexion tombe à point alors que j’entame ma deuxième année dans mon emploi actuel (1 autre année avant ma permanence et tous les avantages qui viennent avec un poste bien rémunéré dans une université d’envergure). Elle tombe aussi alors que je suis en grande remise en question par rapport à mon entreprise. En effet, si vous suivez mon #challenge0à100k, vous savez que j’ai de grandes aspirations pour Aime Ta Marque. Malgré les défis que je rencontre, ce projet me remplit jour après jour d’un sentiment d’excitation créative que j’ai tellement besoin dans ma vie. J’ai aussi de grandes aspirations pour moi-même.

Mais comme beaucoup, j’ai aussi des peurs et des limitations qui viennent souvent de loin.

Au sein de mes remises en questions, ces questions surgissent: Qu’est-ce que je veux exactement pour moi, pour mon futur? Qu’est-ce qui va me faire sentir que je vis une vie de croissance et d’accomplissement? Tandis que l’on essaie de répondre, parlons donc de notre relation à l’inconfort.

Et si notre relation à l'inconfort était la cause de notre difficulté à vivre notre vie de rêve? À atteindre nos objectifs de carrière ou entrepreneuriaux?

Accepter son besoin de sécurité

Quand j’ai terminé ma maîtrise en littérature, je ne me voyais pas continuer dans la voie académique, enfermée entre les quatre murs d’une institution, lisant jour après jour des livres de plus en plus complexes et perdant peu à peu le contact avec la réalité. (Bon, j’exagère, mais que voulez-vous, je suis une littéraire et j’aime me raconter des histoires!)

J’avais une soif inextinguible de liberté, de changement. Je voulais le contact de l’extérieur, avec ses imperfections et son ambiguïté. Loin du système bien rangé de la vie académique, où les choses sont classifiées selon une échelle préétablie : A+, A, A-, B+…

Il faut dire que les nombreuses années à l’arrache à devoir louer mon appartement en colocation ou via AirBnb, occupant souvent 3 emplois à temps partiel pour faire un salaire décent tout en performant dans mes études m’avaient un peu épuisée. Découragée, même! (Si vous avez étudié les arts, les lettres ou les sciences sociales, vous connaissez sûrement le feeling).

J’avais hâte d’avoir un emploi valorisant avec un vrai chèque de paie. J’avais hâte de déménager seule, voire de m’acheter un condo. Je voulais juste vivre une vie safe pour un temps et prendre contact avec le monde extérieur. Vivre une vie d’adulte accomplie, quoi.

Un élan de croissance

À 25 ans, malgré ma recherche du confort et d’une certaine sécurité financière, j’avais aussi un feu qui brûlait en moi. Le feu de l’ambition.

Je suis quelqu’un qui a besoin de challenge dans la vie, tout comme j’ai besoin de variété. J’aime apprendre et me dépasser. Je suis une slasheuse, oui, et aussi une multipotentialite. Le statu quo me tue. #hustlerforlife

Quand Castillo s’est mise à parler dans son épisode d’un certain coup de coude (nudge dans ses mots) que nous lance l’univers, j’ai tout de suite reconnu ce dont elle parlait. C’est l’élan du changement avec lequel je suis très familière.

Il m’appelle fort depuis quelques mois. Il me tire énormément depuis que j’ai Aime Ta Marque.

Mais me voilà entre les quatre murs d’une université (quelle ironie!), me demandant si je ne suis pas justement en train de me brûler à petit feu, hésitante à me lancer de peur de perdre ce confort si durement atteint. Un emploi bien payé, respecté, stable… et avec un des meilleurs fonds de pensions au Canada!

Certains ont un nom pour ça : une prison dorée.

Confort et succès : sans rime ni raison

Les remises en question ne sont jamais faciles. On évolue dans une tempête et on a peur de se perdre faute d’y voir clair. La peur se manifeste. Celle de perdre, mais aussi, celle de passer à côté de sa vie, de laisser son potentiel s’effriter. La peur de l’échec. Et la peur d’avoir peur.

Je me suis toujours vantée de mon esprit analytique, de mes facultés rationnelles. Et en rétrospective, si je pense à toutes les décisions que j’ai prises dans le passé, elles étaient complètement rationnelles. On pourrait même dire qu’elles étaient objectivement les meilleures décisions selon les circonstances. Celles qui mitigeaient le risque au mieux possible, tout en me laissant une porte de sortie, de l’espace pour explorer.

Mais notre raison a une fonction bien précise : nous protéger du danger. Elle nous fait miroiter les pires scénarios pour qu’on ne se lance pas dans le vide, sans filet de sécurité. Elle s’assure que nous nous conservions au mieux de nos capacités, sans trop d’écarts de conduite et sans émotions fortes. Et elle fait bien sa job!

Le problème, c’est que notre raison perçoit aussi le danger là où il n’est pas. Ou du moins, là où il ne fait pas vraiment mal, où il ne menace pas notre existence. La peur de se faire rejeter ou humilier. La peur de ne jamais trouver d’autre travail. De rester seule pour le reste de notre vie…

Et cette peur nous paralyse. Aussi inconfortable soit-elle, elle nous bloque dans notre élan d’aller voir de l’autre côté du mur. On devient averse au risque et on préfère la plate certitude du terrain connu.

L’inconfort comme seule certitude

Pendant ma crise que je n’ai pas de résistance à appeler ‘existentielle’, j’ai recommencé à pratiquer le yoga. Tous les jours. C’était difficile de m’y remettre, mon corps ayant changé depuis ma dernière pratique et mes capacités bien loin de celles dans mes souvenirs. Mais ce que le yoga nous apprend, notamment, c’est l’impermanence des états successifs. Autant les bons que les moins bons. L’inconfort a sa place dans la pratique, c’en est même la seule certitude. Il permet d’évoluer, de raffermir, de détendre et d’exercer. Bref, il faut simplement accepter de le vivre afin de passer au prochain niveau, éventuellement.

C’est un peu la même chose dans notre développement. Castillo résume bien l’idée grâce à cette jolie tournure :

l’inconfort est la devise de nos rêves.

Toute chose qui n’est pas familière est inconfortable. Allez donc chercher l’inconfort, car c’est le matériau pave le chemin vers le succès. Il nous guide là où nous voulons vraiment aller.

Bon, je ne vous dit pas de tout balancer pour aller faire le tour du monde en voilier. La vie a ses aléas et nous contractons des responsabilités. Mais dans mon cas, d’avoir reconnu cet inconfort et de l’avoir identifié comme un mouvement de croissance m’a, en quelque sorte, sécurisée. Je sais que je ne peux plus l’ignorer. Cette pensée rend également mes peurs plus gérables, car je sais qu’elles sont là pour une raison : me protéger.

Mais peut-être est-ce que j’arrive à un moment où je n’ai plus besoin de protection. Où j’ai suffisamment confiance en moi et en mes capacités pour me dire que malgré ce qui peut et ce qui va arriver, je vais m’en sortir. Et puis, le pire des états est déjà ici avec moi, dans le statu quo. Le pire qui pourrait arriver, c’est de ne pas essayer, de ne pas miser sur moi. Parce que peu importe ce qui arrive, le futur est toujours mieux que le passé.

Alors, dans votre cas, quel inconfort essayez-vous d’éviter? Quelle est la pire chose qui arriverait si vous vous lanciez dans l’inconnu?

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À propos de l'auteure
Tatiana St-Louis

Tatiana St-Louis

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Adepte de littérature russe et collectionneuse de lunettes de designer, Tatiana a fondé Aime Ta Marque pour donner des outils aux femmes de carrière et entrepreneures pour mieux raconter leur histoire personnelle. Spécialiste des communications basée à Montréal, elle s'implique au sein de plusieurs communautés visant au développement professionnel des femmes.

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