Êtes-vous trop émotive pour être entrepreneur?

Êtes-vous trop émotive pour être entrepreneur?

On va se dire une chose, sous mes allures de go-getter et de femme d’ambition, je suis une hyper-sensible. La critique de moi-même, le doute, la peur de déplaire et le syndrome de l’imposteur font partie de mon quotidien. Je veux être aimée, appréciée et respectée. J’ai mon lot de pleurs et de crises, souvent pour des choses plutôt inconséquentes.

Bref, je peux être un gros bébé quand je veux, je le sais et je l’assume.

Mais quand vient le temps de performer au travail, cette hyper-sensibilité va se blottir bien au fond de mon estomac. Je rentre dans un tout autre mode. Je change de focus pour axer toute mon énergie sur les résultats. Même chose dans mon entreprise. Oui, c’est difficile de faire tourner la roue du succès. Oui, ça va mal parfois et j’ai envie de tout abandonner. Mais s’il y a une chose que je sais, c’est que les émotions embrouillent notre jugement. Et s’il y a bien une place où on veut avoir une vision claire, c’est dans notre business.

Comme je travaille auprès de femmes, je vois (et j’accepte!) que la sensibilité fait souvent partie de qui nous sommes. Ce n’est ni bien, ni mal. C’est juste comme ça. Parfois, être proche de nos émotions nous sert à agir en alignement avec nous-mêmes et à suivre notre intuition. Dans d’autres contextes, nos émotions peuvent nous empêcher d’avancer.

Aujourd’hui, je vous pose donc quatre questions pour savoir si vous êtes trop émotive pour être entrepreneur.

Stress, doute, incertitude, échec... C'est le lot de l'entrepreneuriat. Vous êtes-vous déjà demandé si vous étiez trop émotive pour être entrepreneur? #entreprise #stress #confianceensoi #carrière #startup #entrepreneuriat #femmeenaffaires

Question 1 : Comment gérez-vous le stress?

D’abord, on va se le tenir pour dit, lancer une entreprise c’est une vraie descente de rafting d’émotions… Et ce, sans pagaies ni gilet de sauvetage! Si comme moi vous travaillez sur votre business en même temps de garder un travail à temps plein (ou pendant un retour aux études, ou avec des enfants en bas âge, etc.), vous êtes fort probablement surmenée.

Le stress abaisse considérablement notre résilience émotionnelle. On pleure pour un rien, on a envie de tout abandonner. On ne voit pas la lumière au bout du tunnel. Et bien c’est le lot de l’entrepreneuriat. Parfois l’argent sort sans que l’on sache quand il va rentrer. D’autres fois, l’on travaille fort pour un projet qui n’aboutit pas. Parfois l’on se brouille même avec des amis et de la famille en lien à notre entreprise.

Bien qu’il soit possible d’adopter une vision qui laisse la place au soi dans l’entrepreneuriat, comme le slowpreneuriat, il est presque impossible d’éliminer le stress émotionnel que vous subirez. Il faut avoir les reins solides, avoir un groupe de soutien compréhensif et des techniques éprouvées pour gérer ses périodes de stress.

C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à maîtriser, selon moi. Et c’est ce qui risque d’avoir le plus d’impact sur votre entourage. Alors, comment vous positionnez-vous par rapport à la gestion de votre stress? Comment réagissez-vous lorsque vous sentez la pression monter?

À lire sur le sujet : 3 suggestions pour réduire son stress

Question 2 : Comment prenez-vous la critique?

En plus du stress constant, lancer une entreprise implique bien souvent faire face aux critiques et aux commentaires de toutes sortes. Parfois, ils viennent de gens qui vous veulent du bien, parfois non. Parfois la critique est constructive, parfois, au contraire, elle vient nous fouetter droit au cœur.

Trop émotive pour être entrepreneure_savoir prendre la critique sans s'effondrer

Est-ce que vous passez des jours à déprimer lorsque quelqu’un dit quelque chose de négatif sur votre entreprise?

Une chose que j’ai remarquée à travailler avec des femmes autant en entreprise qu’ailleurs, c’est qu’elles sont beaucoup moins aptes à se faire critiquer, même si c’est dans une optique d’amélioration. Je considère ceci comme un énorme frein à notre progrès et à notre succès généralisé.

Par exemple, j’offre régulièrement la possibilité au sein de mon groupe Facebook ou même lors de conférences, de participer à une consultation ‘hot seat’. C’est-à-dire que j’analyse un de vos outils promotionnels (comme votre site web ou vos réseaux sociaux) en direct devant le groupe. Dans mon monde, j’appelle ça une opportunité en or d’avoir une consultation gratuite. Cependant, vous seriez étonnée de voir le nombre de personnes qui refusent de participer.

Parallèlement, je vois d’autres personnes qui demandent ouvertement des commentaires, et qui s’offusquent si quelqu’un donne une opinion qui diffère de la leur. Dans le fond, elles voulaient de la validation!

Prendre la critique peut être quelque chose de difficile si on ne perçoit pas le big picture. Alors, est-ce que vous êtes prête à vous faire confronter par rapport à votre travail? Est-ce que vous passez des jours à déprimer lorsque quelqu’un dit quelque chose de négatif sur votre entreprise?

Question 3 : Quelle place votre ego prend-il dans votre entreprise?

Pour faire suite au point précédent, les entrepreneurs qui ont peur de la critique craignent que l’on relève leurs faiblesses et que l’on critique des choses qu’ils ont mis beaucoup de temps et d’énergie à créer. Ils cherchent le ‘good job’, la tape dans le dos, la petite étoile dorée dans son cahier. Croyez-moi, je comprends ça.

Le problème, c’est que cette célébration de l’effort pour l’effort n’encourage pas l’excellence et l’amélioration. Son seul et unique avantage est de protéger notre ego instable. Cette peur de réaliser que malgré toutes nos bonnes intentions, on a encore des choses à apprendre est la conséquence d’un état d’esprit fixe, dans lequel notre valeur perçue est dépendante de diverses confirmations venant de l’externe (un professeur, un parent, un patron, nos pairs…). (À ce sujet, je vous encourage fortement de lire Mindset : a new psychology of success de Carole Dweck).

Malheureusement, cela crée au sein de groupes de femmes des conversations alambiquées ou les gens qui ont une opinion n’osent pas la donner de peur d’écorcher l’ego des autres. Ceci n’aide personne. La personne qui demande les commentaires reste dans l’illusion qu’elle a tout bon et celle qui aurait quelque chose à dire évite de partager son expertise qui aiderait également les autres.

Toute critique est une opportunité d’apprendre, de se questionner. On peut y découvrir de nouvelles perspectives. Ou bien on peut ne pas être en accord avec celle-ci et se sentir confirmée dans nos choix. Avez-vous le courage de mettre votre ego de côté quand il est question de votre business? Est-ce que vous le prenez personnel lorsque l’on pointe de failles dans votre travail ou bien dans un projet qui vous tient à cœur?

À lire sur le sujet : Souffrez-vous du syndrome de la bonne élève?

Question 4 : Comment vivez-vous l’échec?

Enfin, s’il y a un mot qui peut paralyser un entrepreneur, c’est bien l’échec. Il prend plusieurs formes, selon notre définition du succès. Parallèlement, tous les grands de se monde vous le diront : il n’y a aucune réussite sans son lot d’échecs et de difficultés. Souvent, ils viendront avec d’énormes pertes et, fort probablement, un grand coup à votre orgueil.

Trop émotive pour l'entrepreneuriat? Comment vivez-vous l'échec?

Comme entrepreneur, on aime se dire que « l’échec n’est pas une option. » En réalité, il faut être consciente que l’échec est inévitable.

Comme entrepreneur, on aime se dire que « l’échec n’est pas une option. » Cependant, en réalité, il faut être consciente que l’échec est inévitable. Il peut prendre la forme d’un produit qui flop, d’un client insatisfait, ou, carrément, d’un modèle d’affaires qui s’effondre. Bien sûr, il est toujours possible de pivoter son entreprise et de tout faire pour la faire survivre. Parfois, il faut savoir y mettre la hache et assumer sa perte.

Quand vous pensez à cette possibilité, que ressentez-vous? Êtes-vous du genre à vous victimiser? À espérer secrètement que quelqu’un vienne vous sauver? Que vous « méritez » de réussir? Soyez honnête.

Si c’est le cas, vous refusez de regarder l’échec dans les yeux. Vous pensez peut-être que c’est de la force de caractère que de ne pas se laisser abattre. Oui, c’est vrai. Tant et aussi longtemps que ça ne vous empêche pas de voir et d’accepter que vous vous êtes trompée et que ce que vous faites ne fonctionne pas. C’est comme en amour. Chaque échec est là pour vous apprendre une leçon. Le problème c’est que nous ne sommes pas toujours prêtes à la recevoir.

Si cette pensée vous effraie et si l’inconfort de devoir recommencer à zéro vous donne la nausée, peut-être n’êtes-vous pas faite pour l’entrepreneuriat. Renaître de ses cendres après un échec – pas un, mais plusieurs – est le lot de ceux qui réussissent.

Alors, êtes-vous trop émotive pour l’entrepreneuriat?

Êtes-vous prête à vivre des deuils entrepreneuriaux et recommencer? Allez-vous vous donner avec passion et énergie et croire avec clarté et honnêteté à votre projet, tout en sachant qu’il y a des fortes chances qu’il n’aboutisse à rien? Prendrez-vous la critique sans sourciller? Serez-vous capable de mettre votre ego de côté et de gérer le stress constant qui vient avec votre entreprise?

Pas des questions faciles.

C’est normal de douter de votre habileté à vous plier à cela. Finalement, la bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de développer sa résilience par rapport à chacune de ces dimensions. Alors, la prochaine fois que vous aurez l’occasion d’ébranler vos certitudes et votre ego, prenez-la donc comme une belle chance de remettre vos émotions à leur place et de devenir une meilleure entrepreneure.

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À propos de l'auteure
Tatiana St-Louis

Tatiana St-Louis

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Adepte de littérature russe et collectionneuse de lunettes de designer, Tatiana a fondé Aime Ta Marque pour donner des outils aux femmes de carrière et entrepreneures pour mieux raconter leur histoire personnelle. Spécialiste des communications basée à Montréal, elle s'implique au sein de plusieurs communautés visant au développement professionnel des femmes.

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