Y a-t-il trop de contenu commandité en ligne?

Y a-t-il trop de contenu commandité sur le web?

Avez-vous été sur les réseaux sociaux aujourd’hui? Si oui, vous avez probablement vu passer quelques articles ou publications commanditées.

J’ai récemment réalisé que voir du contenu pour lequel des entreprises ont payé ne m’étonnait plus. C’est donc à ce moment que je me suis dit qu’il était peut-être temps que l’on se pose, de manière collective, la question suivante. Y a-t-il trop de contenu commandité sur le web?

Parlons marketing d’influence

Le marketing d’influence me fascine. Sa montée rapide est totalement compréhensible. Il est beaucoup plus facile de persuader quelqu’un d’acheter lorsque la personne présentant le produit a bâti une relation de confiance avec son public.

N’est-ce toutefois pas ironique que nous cherchions mille et une façons d’éviter les publicités sur le web alors que nous suivons de manière consciente des panneaux publicitaires ambulants? J’ai souvent l’impression que nos efforts visant à réduire notre exposition aux publicités sont en vain. Ceci est d’autant plus vrai alors qu’elles nous suivent désormais 24/7 grâce à nos téléphones cellulaires.

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Où est passée l’authenticité?

Les publications commanditées permettent aux créateurs de contenu de vivre de leur passion, ce qui est génial. Beaucoup d’entre eux sont extrêmement créatifs et publient du contenu qu’il vaut sincèrement la peine de consommer. J’ai cependant l’impression que l’authenticité qui a permis au marketing d’influence de se démarquer des autres techniques de vente est de plus en plus mise de côté.

Il n’est pas inhabituel de tomber sur des articles peu pertinents qui n’ont clairement été rédigés que pour répondre aux demandes d’une entreprise. Ou encore de voir des photos derrière lesquelles il n’y a eu aucune réflexion autre que de mettre de l’avant un certain produit. (Rappelons-nous de la fameuse vague des thés detox, produit envoyé à des influenceurs étant déjà naturellement très minces).

Parlons marketing d'influence... Les #influenceurs sont la nouvelle mode auprès des entreprises de produits et de services. Pas une journée sans que nous ne voyions une publication commandité sur notre fil Instagram ou Facebook. Mais y a-t-il trop de contenu commandité en ligne? La publicité d'influence est-elle saturée sur les réseaux sociaux? Réflexion pour tous les influenceurs établis et à venir.

La divulgation : une pratique qui se fait encore trop rare

En tant qu’avocate qui passe énormément de temps sur les réseaux sociaux (tant pour mon travail que dans ma vie personnelle), je remarque constamment des publications qui ne divulguent pas leur lien de commandite. Selon moi, ceci est problématique pour deux raisons distinctes.

Tout d’abord, beaucoup d’influenceurs ciblent un jeune public. Cet auditoire n’est pas nécessairement conscient que l’on puisse se faire rémunérer pour parler d’un certain service ou produit. Ceci est extrêmement dangereux, surtout quand ces influenceurs « de confiance » font la promotion de produits pouvant avoir un impact direct sur la santé de ces jeunes, comme la cigarette.

Deuxièmement, ceux qui sont familiers avec le contenu commandité sont-ils capables de le reconnaître comme tel? J’ai beaucoup de difficulté à comprendre la logique derrière un compte qui propose près de 70% de publications en commandites sans pourtant qu’il n’y ait de divulgation. C’est un peu comme si on pensait que les consommateurs ne se rendraient pas compte que l’influenceur avait été payé.

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Quand l’honnêteté devient une obligation légale

Il y a de cela quelques mois, les Normes canadiennes de la publicité ont publié leurs lignes directrices sur la divulgation. Il est important de se rappeler que :

  • Toute relation matérielle entre une entreprise et un influenceur doit être divulguée, que l’influenceur ait été payé pour ses publications ou non (après avoir reçu un produit gratuitement, par exemple)
  • Les mots-clics de divulgation ne sont pas tous adéquats. Par exemple, le mot-clic #ambassadeur n’indique pas de manière claire la relation entre l’influenceur et une entreprise.
  • La divulgation ne doit pas être cachée. Par exemple, si l’on utilise un mot-clic, il faut le mentionner au début de la liste de mots-clics accompagnant la publication.

Y a-t-il trop de contenu commandité en ligne? Je ne crois pas. Il serait malhonnête de mettre toutes les publications commanditées dans le même panier, surtout compte tenu du fait que certains créateurs font un excellent travail, notamment à travers le « storytelling » et plusieurs autres formes de communication.

Toutefois, il est évident qu’il existe trop de contenu sans âme et originalité et que beaucoup de créateurs de contenu doivent adopter l’authenticité et divulguer leurs relations matérielles avec les commanditaires.

Qu’en pensez-vous? Y a-t-il trop de contenu commandité en ligne? On veut vous entendre!

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À propos de l'auteure
Aicha Tohry

Aicha Tohry

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Diplômée en droit et avocate, Aicha a décidé de sortir des sentiers battus pour bâtir ARTY AVOCAT, une pratique juridique au service des créatifs. Passionnée d’art contemporain et de mode éthique, elle rêve d’un monde où la transparence serait de mise. Quand elle ne combat pas les mythes juridiques qui se propagent en ligne, Aicha se gave d’articles, de livres, de vidéos et de magazines afin de rassasier sa curiosité sans limites.

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