Le double standard entourant le succès au féminin

Le double standard entourant le succès au féminin

Le succès a plusieurs définitions. Il n’est pas le même pour tous. Mais il existe cependant certains standards pour l’évaluer.

En fait, il y a le succès personnel, soit notre propre rapport au succès et un succès plutôt « public ». C’est-à-dire celui défini par la société.

Par exemple, pour le succès dit public, on peut dire d’un athlète qu’il est le meilleur de sa discipline parce que, par exemple, c’est lui qui a obtenu le plus de médailles dans l’histoire de son sport.

Disons qu’il s’agit d’un rapport « quantitatif » au succès.

Sauf que même si le succès public permet de dire ce que j’avance ci-haut, ça ne veut pas dire qu’il est exempt de tout. Prenons un exemple concret.

Récemment, Simone Biles, la meilleure gymnaste au monde, s’est permis la déclaration suivante :

« J’ai gagné cinq titres du monde et si je dis que je suis la meilleure gymnaste au monde en ce moment, la réaction est la suivante : « Oh, elle est arrogante. Regarde-là maintenant.» Non, les faits sont sur papier. J’ai le droit et c’est important d’apprendre ça aux jeunes femmes. »

Bien que nous soyons au 21e siècle, beaucoup de choses ont changé, mais pas toutes. Le double standard en ce qui touche au #succès au féminin existe encore. #féminisme #carrière

Deux poids, deux mesure

Simone Biles avance que si elle mentionne qu’elle est la meilleure gymnaste au monde (ce qui est le cas sur papier de par toutes ses médailles), la réaction serait de dévaluer son succès. Comme si celui-ci lui avait monté à la tête.

On peut imaginer que si un homme faisait la même chose tout en étant dans la même situation, les chances qu’il obtienne la même réaction sont très faibles.

Attention, je ne dis pas que c’est impossible qu’un homme reçoive la même réaction, ou même pire. Des attitudes merdiques, ça existe, peu importe le sexe, et ça mérite d’être pointées du doigt. Cela dit le rapport des gens face au succès des femmes est fort différent en général.

Nous sommes en 2020. Beaucoup de choses ont changé, mais pas toutes. Le double standard existe encore.

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Une idée préconçue du succès au féminin

L’idée qu’une femme se doit de sourire, d’être belle, mais surtout humble semble être ancrée dans l’esprit collectif.

C’est d’autant plus vrai dans le monde des affaires, où l’on entend souvent qu’un tel est un exemple à suivre parce que son entreprise connaît du succès.

Mais s’il s’agit d’une femme, on parlera autant de ses échecs que de ses réussites. Parfois même davantage des premiers. Ceci est aussi applicable dans le monde du sport malheureusement.

Née pour un petit pain

On dirait qu’en tant que femme, il faut soit garder notre succès pour soi ou le diminuer pour se montrer le plus humble possible.

Gare à se montrer fière de nos réussites! C’est ce que Simone Biles identifie fort bien.

Il est temps d’enseigner aux jeunes filles qu’elles ont le droit d’être heureuses et fières de leur succès.

Elles ont le droit de redéfinir leur sport ou leur domaine comme Biles le fait.

Elles ont le droit de se déclarer les meilleures dans leur domaine, dans leur industrie, surtout quand tout indique que c’est effectivement le cas.

Au même titre que les hommes, elles ont également le droit de s’afficher ainsi sans avoir à subir, dans bien des cas, les commentaires mesquins qui viennent avec.

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Toujours remis en cause

Je vais me prendre comme exemple.

Je suis une amatrice de sport et j’ai énormément de connaissances dans ce qui touche au hockey et au baseball, entre autres.

Pourtant, il m’arrive régulièrement de me faire mettre à l’épreuve afin de prouver que je connais vraiment ça. Des « tests » que peu d’hommes auront à passer. Et la plupart du temps… ce sont des hommes, justement, qui remettent mes connaissances en question.

Ce fut le cas quand j’ai mis en lumière les propos de Simone Biles dans une publication sur Facebook.

Les premiers commentaires furent lancés par des hommes pour décrier qu’il ne fallait pas voir de la misogynie partout (pour avoir évolué dans le monde du sport depuis au moins 10 ans, c’est loin d’être le cas). Que les hommes se méritaient des commentaires bien pires…

Alors je demande. Est-ce que de pointer le fait que les hommes reçoivent moins ce genre de commentaires veut dire qu’ils ne peuvent pas en recevoir de pires parfois? Non, pas du tout.

D’un autre côté, l’histoire le prouve maintes et maintes fois. La femme se doit d’être belle, mais aussi humble. Pas d’excès. Surtout pas devant le succès.

Mon point ici est simplement de souligner que le succès est un couteau à double tranchant.

Le succès suscite un double standard où l’on voit beaucoup plus d’hommes être fiers de l’obtenir et communiquer cette fierté avec « excès ». Ils sont vénérés pour ça.

Parallèlement, une femme qui aurait le même comportement se fera réprimander, pointer du doigt.

Change pour change, si les deux sexes exhibent le même comportement pour les mêmes résultats, pourquoi l’un devrait se faire dire des âneries plutôt que l’autre?

Mon point de vue serait le même si l’inverse était vrai.

Malheureusement, dans notre cas, le succès des femmes dérange, et ça, il faut que ça change.

Parce que les doubles standards existent encore, que vous le vouliez ou non.

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À propos de l'auteure
Alexandra Philibert

Alexandra Philibert

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Connue sous le nom de La Rouquine et figure féminine positive dans le sport. Alexandra Philibert gravite dans les médias depuis 10 ans grâce à son travail chez InterBox, Yahoo Sports Québec et Groupe TVA. Fondatrice de La Rouquine Communications, elle aide les entreprises et entrepreneurs à voguer sur les réseaux sociaux de façon adéquate et fait aller sa plume pour faire rayonner plusieurs sujets sur diverses plateformes. En plus de La Rouquine Communications, elle gère aussi l'entreprise Passion MLB (média spécialisé sur le baseball) avec son conjoint Jeff Drouin.

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