Mon aventure dans le monde de la pige

Mon aventure dans le monde de la pige

En 2016, après avoir travaillé pendant cinq ans en gestion documentaire, j’ai réorienté ma carrière vers l’écriture. Je suis retournée sur les bancs d’école et, pour arrondir les fins de mois, j’ai commencé à offrir mes services comme correctrice. Par le fait même, je me suis lancée dans le monde de la pige, qui me semblait jusqu’alors mystérieux et – je l’avoue – vaguement inquiétant. J’ai découvert un univers où les relations sont fondamentales et où une grande liberté côtoie souvent parfois une intense insécurité. Un univers qui, pour le moment, n’est pas fait pour moi!

Le monde de la pige (ou #freelance) n'est pas fait pour tous. Témoignage d'une pigiste qui a décidé qu'il était mieux pour elle de retourner à la vie de salariée. #entrepreneuriat #entrepreneuriatféminin #travailautonome

L’importance du réseautage

La pige, le travail autonome, le travail à contrats… Lorsqu’on travaille à son compte, il faut être prêt à se retrousser les manches pour se bâtir un réseau de contacts. Les contrats ne viennent pas d’eux-mêmes! Au début surtout, ils arrivent par le bouche à oreille. Il est donc judicieux de posséder un bon réseau avant de se lancer, plutôt que de surgir à l’improviste dans un environnement méconnu.

Pour ma part, je me sentais plutôt seule à mes débuts. J’avais identifié les blogueurs comme clientèle cible, car ils m’entouraient déjà virtuellement grâce à plusieurs groupes Facebook. Cette approche me paraissait plus réaliste que de m’attaquer au Monde En Général. Sans avoir encore de notion de « client idéal », j’avais ainsi ciblé mes messages, mes publicités, bref, mes efforts de marketing.

Par la suite, plus j’avais de contrats, plus mon nom circulait. On me recommandait dans les groupes Facebook et on laissait des évaluations positives sur ma page pro. J’ai trouvé cet aspect à la fois rassurant (je voyais les résultats!) et paniquant. J’étais taguée n’importe où, n’importe quand dans les publications de groupes Facebook, et je me contraignais à répondre rapidement à tout. Comme la correction représentait mon seul revenu à ce moment, il fallait que les contrats entrent.

J’ai aussi obtenu quelques mandats grâce à LinkedIn. Une description personnalisée et un profil mettant mes aptitudes en valeur ont convaincu quelques personnes de faire affaire avec moi. Par la suite, je leur demandais des recommandations afin de solidifier mon portrait. LinkedIn est une plateforme sous-estimée, qui a beaucoup à offrir au professionnel sachant l’exploiter.

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Ainsi, autant il ne faut pas s’attendre à travailler à temps plein au début, autant la charge de travail peut augmenter rapidement. Entretenir un bon réseau de contacts aidera assurément à ce que le deuxième scénario devienne réalité.

La liberté de la pige…

« Le monde de la pige, c’est la liberté, » avancent plusieurs travailleurs autonomes pour valoriser leur mode de vie. Ils pensent à la liberté de fixer leur propre horaire, évidemment, mais aussi à la liberté de créer, de choisir leurs clients, de travailler d’où ils le veulent, d’établir leurs limites et leurs objectifs, etc.

Et c’est vrai que c’est cool. J’adorais travailler en pyjama le matin, sortir courir en milieu d’avant-midi, faire des emplettes en après-midi…

Sauf que je tombais dans le piège de la non-productivité. Liberté d’horaire n’équivaut pas nécessairement à travailler moins d’heures. Du moins, pas quand on commence, sans clientèle établie et en portant tous les (nouveaux) chapeaux d’une entreprise!

Oui, j’étais libre d’arranger mon horaire comme je le voulais, mais, pour atteindre un certain résultat (c’est-à-dire : gagner de l’argent), je devais travailler et réseauter (voir point précédent). Or, le réseautage, surtout en ligne, se fait constamment.

Il y en a qui travaillent le soir ou la fin de semaine sans problème. J’avoue que ça ne me convient pas sur une base régulière. La fin de semaine, je veux passer du temps avec mes proches, sans cellulaire dans les mains. Travailler durant cette période me déplaisait grandement; j’avais l’impression de passer à côté de ma vie.

De plus, je ne suis pas efficace le soir, mais j’étais souvent taguée dans des publications en fin de soirée. Publications auxquelles je me sentais obligée de répondre rapidement afin d’obtenir les contrats en jeu. Bref, je ne décrochais jamais complètement du travail, alors que c’est essentiel à mon équilibre mental.

Évidemment, avec le temps, on s’assure une base de clientèle, on prend plus d’assurance et on assume nos « absences », on affine nos processus, on délègue… Mais au début, ouf, la galère! Car il n’y a pas de recette magique : à chacun de trouver son équilibre entre la liberté et le travail à accomplir. Ça peut donner le vertige.

À lire aussi : Les inconvénients du travail à la pige… et leurs solutions!

… et l’insécurité qui l’accompagne!

Outre l’importance du réseautage et le piège de la liberté, j’ai souffert de plusieurs sources d’insécurité pendant mon passage dans le monde de la pige. Ici, comme précédemment, l’impact dépend de la situation de chacun et, surtout, de sa tolérance au stress et au risque.

Première insécurité : fixer mon tarif et facturer

Fixer mon tarif et facturer sont deux choses que je n’avais jamais eues à faire en tant que salariée. Je n’avais même jamais négocié mon salaire! Alors définir un salaire horaire qui se respecte, ouf…

J’ai fait mes recherches et j’ai comparé avec d’autres pigistes du même domaine, j’ai calculé mon revenu idéal et mes dépenses… Bref, ça a été.

Puis est venu le temps de facturer mon premier client. Mais comment on fait? Que doit-on indiquer sur une facture? Devais-je charger les taxes? Devrais-je utiliser Word ou Excel (les moyens des débutants sans le sou!)? Comment numéroter?

Tant de questions! …auxquelles j’aurais trouvé réponses dans un seul livre (Le guide du travailleur autonome 3.1 par Jean-Benoît Nadeau, pour ne pas le nommer), que je ne connaissais pas à ce moment. J’ai donc scanné les groupes Facebook et les sites internet gouvernementaux en me cassant la tête.

À lire aussi : Pigiste et argent : se débarasser de la peur pour faire de meilleurs choix

Deuxième insécurité : trouver des clients

Afin de facturer et de m’assurer un revenu, il me fallait d’abord trouver des clients. Par où commencer? Où se cachent-ils, ces fameux clients?

Le réseautage dont je parlais précédemment joue beaucoup, mais il ne suffit pas. Comment me démarquer parmi l’offre de correcteurs déjà qualifiés, expérimentés et recommandés? J’avais l’impression d’entrer dans un marché saturé, même si j’avais confiance en mes aptitudes et qualifications. Un petit syndrome de l’imposteur avec ça?

De plus, malgré le succès croissant du bouche à oreille, mes mandats étaient souvent ponctuels ou rapides. J’étais donc toujours à la recherche des prochains clients, une charge mentale que je trouvais pesante.

Troisième insécurité : la vision à long terme

C’est vraiment cette insécurité qui m’a fait envoyer des CV après quelques mois de pige : n’avoir aucun revenu garanti me faisait paniquer. Je n’envisageais qu’un vaste trou noir en guise d’avenir financier, car je suis du genre à ne rien tenir pour acquis, à envisager les scénarios catastrophes et à attendre d’avoir avant de dépenser. Même avec l’inconditionnel soutien de mon conjoint, c’était psychologiquement difficile, ma tolérance au risque financier s’avérant très basse.

En somme, durant mon aventure dans le monde de la pige, j’ai constaté la force de caractère et l’immense tolérance au risque nécessaires à la vie entrepreneuriale. J’ai conscience que mes insécurités se seraient apaisées avec le temps et l’expérience. Toutefois, je me trouve dans une période de ma vie où j’ai besoin de stabilité et de focus.

De plus, mon conjoint et moi avions un projet bébé, et je ne me voyais pas chercher des clients entre deux changements de couches. J’ai donc choisi de reprendre un emploi l’an dernier; maintenant que la petite est née, j’en suis bien soulagée! Ceci dit, qui sait si je ne retournerai pas dans le monde de la pige éventuellement?

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À propos de l'auteure
Valérie Auclair

Valérie Auclair

Amoureuse des mots depuis toujours, Valérie Auclair est auteure, rédactrice, blogueuse et correctrice. Aussi archiviste de formation, elle aime mettre de l’ordre dans les documents comme dans les phrases pour faciliter la communication et optimiser les façons de faire. Son blogue Les Mots Clairs traite d’écriture et de langue française afin de simplifier la rédaction pour les moins aguerris.

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