Ep. 147 L’art du pivot entrepreneurial avec Myriam Jessier (partie 2)

Construire un business résilient, qui résiste aux années, aux évolutions du marché, à tes évolutions, ça passe par la capacité à pivoter ton entreprise, aux bons moments et de la bonne façon.

Cependant, quand on a un business qui fonctionne, on a souvent peur d’instaurer des changements et risquer de briser ce qui existe déjà.

Par exemple, en cannibalisant nos offres, en laissant filer des opportunités ou en perdant sa place sur le marché ou son identité de marque.

Aujourd’hui, Myriam Jessier et moi poursuivons notre conversation sur l’évolution du concept de marque dans l’environnement entrepreneurial actuel pour t’aider à comprendre ce qu’est un pivot et comment développer une entreprise antifragile.

Dans cette seconde de deux parties, on discute notamment de :

  • Ce qu’est un pivot entrepreneurial
  • Comment savoir quand c’est le bon moment de pivoter (on parle aussi de pivot interne vs pivot externe)
  • Nos propres histoires de pivot à travers les ans (dont une opportunité de pivot loupée et comment elle fut rattrapée)
  • Comment éviter de rater son pivot
  • Comment adapter nos actifs de marque lors d’un pivot et comment se préparer aux changements qui peuvent en suivre

Après avoir échangé notre vision sur le point de vue de marque, Myriam nous apporte encore une fois son regard d’experte et conférencière internationale sur le SEO du haut de ses 8 années d’entrepreneuriat. Une conversation très riche en retours d’expérience que j’ai hâte de partager avec vous.

À écouter également : Ep. 144 Croissance, mindset et capacité avec Helene-Sarah Becotte

À propos de Myriam Jessier

Myriam Jessier est diplômée de la Sorbonne. Elle a un beau papier qui dit qu’elle s’y connaît en sociologie et un autre pour annoncer qu’elle est pas pire en relations internationales (spécialité monde anglophone oh yeah). Mais dans la vie, sa carrière consiste à optimiser des sites web pour les robots, les humains et tout ce qu’il y a entre les deux (on ne veut pas briser le cœur d’Alexa quand même !).

Après des années d’expérience en agence, elle a fondé sa propre agence SEO à Montréal dont l’objectif est de former les entrepreneurs en marketing web et d’aider les entreprises à mieux performer sur les moteurs de recherche.

Mentionné dans cet épisode :

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Transcription de l’épisode 147

Ep. 147 L’art du pivot entrepreneurial avec Myriam Jessier (partie 2)

[00:00:00.000] – Tatiana St-Louis

Vous écoutez L’Ambition au Féminin, épisode 147 et aujourd’hui, on continue notre conversation avec Myriam Jessier pour parler de pivot entrepreneurial.

[00:00:10.080] – Tatiana St-Louis

Mon nom est Tatiana St-Louis et j’anime L’Ambition au Féminin, un podcast pour toutes les femmes pleines de vision, de talent et de drive qui désirent redéfinir le succès selon leurs termes et leurs conditions. Chaque semaine, j’explore, seule ou en présence d’invités, les thèmes entourant la réussite professionnelle et personnelle. Mindset, productivité, leadership, branding personnel, c’est LE rendez-vous pour réfléchir à la façon dont tu veux vivre ton plein potentiel et laisser ton empreinte dans le monde.

[00:00:45.500] – Tatiana St-Louis

Salut les ambitieuses! Comment vous allez aujourd’hui? J’espère que je vous trouve en pleine forme. Moi, je le suis parce que je vous présente aujourd’hui la deuxième partie de l’entrevue que j’ai faite avec Myriam Jessier de PRAGM, l’entreprise en ligne qui vous aide avec votre SEO. Myriam Jessier qui est une habituée sur le podcast L’Ambition au Féminin et avec qui j’ai eu une conversation que je n’ai pas encore eue sur le podcast, en fait, sur un sujet qui n’a pas été traité sur le podcast et qui est le fameux pivot entrepreneurial. Ça vient vraiment à temps cette conversation, parce que moi-même, j’en ai vécu plusieurs des pivots, dans mon entreprise, mais le plus récent, c’est notamment le moment où j’ai décidé de fermer mon programme phare MoneyBrand, qui était mon money maker pendant les deux dernières années, et de transiger vers un nouveau programme qui avait besoin de naître et qui s’appelle Autopoiesis.

[00:01:52.410] – Tatiana St-Louis

Et ce pivot-là, j’en parle un petit peu dans l’entrevue aussi, Myriam partage aussi les différents pivots qu’elle a faits dans son entreprise, parce que c’est important de se rappeler qu’en tant qu’entrepreneure, ce genre de flexibilité-là, cette agilité-là, c’est quelque chose qu’on développe avec le temps, mais qui devient nécessaire parce que plus on vise la longévité, plus on vise d’avoir une entreprise pendant de nombreuses années, ben les pivots vont devenir inévitables. Si vous ne savez pas encore c’est qui, Myriam, elle est diplômée de la Sorbonne. J’aime toujours lire les bio que les gens me fournissent parce que c’est les infos qu’elles préfèrent mettre de l’avant. Mais elle est diplômée de la Sorbonne où elle a été diplômée en sociologie et aussi en relations internationales, spécialiste du monde anglophone. Mais dans sa vie, sa carrière consiste à optimiser les sites web pour les robots, les humains et tout ce qu’il y a entre les deux, parce qu’on ne veut pas quand même briser le cœur d’Alexa. Myriam a une approche très pointue et une compréhension très pointue de ce que c’est une marque et comment la communiquer sur les différentes plateformes du Web.

[00:03:12.600] – Tatiana St-Louis

On parle de réseaux sociaux, mais on parle aussi de comment établir cette marque-là au niveau de notre positionnement sur les moteurs de recherche. C’est d’autant plus important quand on est en période de pivot, de réfléchir à qu’est-ce qui va arriver avec les anciens positionnements qu’on a établis. Je vous laisse avec cette deuxième partie de l’entrevue. Si vous n’avez pas encore écouté la première partie, je vous encourage à le faire parce qu’on fait des mentions à cette conversation-là. Je vous encourage à aller écouter la première partie, puis revenir pour écouter cette deuxième partie-là, la première partie qui a été publiée juste avant celle-ci. Vous allez la trouver sans problème ou sinon aller dans les notes de l’épisode où je vais glisser le lien. Sur ce, je vous souhaite une super belle écoute et comme d’habitude, vos commentaires sont les bienvenus, vos réflexions sont les bienvenues. On est dans un dialogue, une conversation et on a hâte de savoir ce que vous en pensez, vous, des pivots entrepreneuriaux. Allô, allô, Myriam. Re-bienvenue sur l’Ambition au Féminin. J’espère que tu vas toujours bien.

[00:04:22.430] – Myriam Jessier

Toujours, toujours. Je suis là pour profiter du chaos et discuter de comment est-ce qu’on tire notre épingle du jeu.

[00:04:28.700] – Tatiana St-Louis

Génial! Pour celles qui suivent un peu les épisodes, il y a une partie 1 à cet épisode qu’on a enregistrée il y a littéralement une heure, mais que vous allez pouvoir trouver dans les notes de l’épisode si vous voulez aller l’écouter avant d’écouter celui-ci, parce que je pense qu’il va y avoir beaucoup de choses qui vont probablement être la continuation, la suite logique des réflexions qui sont à ce sujet-là. Aujourd’hui, la thématique dont on voulait discuter ensemble, c’était autour des pivots. Dans notre première intervention, on a parlé davantage de la marque, de l’évolution de la marque, en date d’aujourd’hui dans un contexte de surinformation. Aujourd’hui, on voulait parler vraiment de qu’est-ce que ça veut dire vraiment « pivoter »? Parce que, tu me diras si c’est la même chose pour toi, Myriam, j’ai l’impression qu’il y a des gens qui ont le pivot très rapide et peut-être trop rapide, et il y en a d’autres qui auraient intérêt à pivoter, mais qui ne le font pas. C’est-à-dire qu’il y a comme une question de timing qui est quand même difficile à aller juger et que surtout quand on parle de positionnement, c’est vraiment important de penser à qu’est-ce qui arrive quand on doit ajuster, quand on doit changer de cap.

[00:05:44.270] – Myriam Jessier

Absolument. Et pour moi, ça, c’est quelque chose de très, très, très important. Il faut avant tout comprendre. Est-ce que vous êtes plus un paquebot comme le Titanic ou est-ce que vous êtes plus comme la petite frégate, le petit bateau viking qui est sur les mers? Pourquoi? Parce que faire pivoter un paquebot, ça ne se fait pas de la même manière que quand on a la petite frégate, quand on est vraiment le petit bateau viking. Donc déjà, de base, quand on va parler de pivot, ça ne veut pas dire que ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Et en plus de ça, il y a des gens qui sont plus ou moins résistants aux changements, parce que le changement, ça fait peur. C’est comme des investissements. Il faut se poser la question « Est-ce que je suis un investisseur un petit peu plus apte à prendre des risques? Est-ce que je suis vraiment conservateur? Qu’est-ce qui se passe? Et pourquoi est-ce qu’on pivote? » Le nombre de fois où on me dit « On va faire ça parce que tout le monde le fait », c’est peut-être pas comme ça qu’il faudrait l’envisager.

[00:06:54.510] – Tatiana St-Louis

À quel point tu penses qu’il y a une intuition entrepreneuriale là-dedans? Toi, par exemple, point de vue stratégie versus l’intuition, tu le vis comment?

[00:07:08.540] – Myriam Jessier

Je ne suis pas le type de personne qui croit à l’intuition féminine comme concept universel. Pour moi, l’intuition, c’est quoi? C’est la somme de mes expériences qui font qu’il y a mon esprit… Moi, ce n’est pas mon esprit, c’est genre quelque part dans mon estomac, le dernier tiers de l’estomac qui me signale « Mh… Il est temps. » Et ça, c’est très important parce que l’entreprise que j’ai lancée n’est pas l’entreprise que je mène aujourd’hui. Ce que je faisais il y a huit ans, je ne le fais plus nécessairement de la même manière. Je ne le fais plus nécessairement pour les mêmes personnes ou tout simplement, je ne le fais même plus. Donc ça, c’est très, très, très important parce que si vous avez l’habitude de calibrer en permanence les objectifs d’un projet avec les contraintes du contexte. Vous avez tout compris sur le pivot. Ça veut dire que vous allez peut-être vous retourner et faire « Mais en fait, j’ai déjà pivoté plusieurs fois avec succès. Ah bah c’est de ça dont on parle! » Si c’est vous, bravo. Si c’est pas vous, c’est pas un problème. Que ce soit Persona 1 ou Persona 2, on a des choses pour vous.

[00:08:24.340] – Tatiana St-Louis

Tout à fait. Puis j’aime cette question de calibrer avec les contraintes du contexte. Là, on parle ici de l’environnement, si on veut juste utiliser un autre terme. L’environnement, encore une fois, on est des organismes et on va réagir à notre environnement. J’aime voir les business comme des organismes vivants qui eux aussi réagissent à leur environnement. À quelque part, ceux qui sont capables de s’adapter vont survivre naturellement, mais ceux qui sont trop lents à s’adapter ou qui ne sont pas capables de s’adapter, eux, probablement, ils vont avoir beaucoup de difficultés. Quand on parle, quand moi je parle du moins d’intuition, il y a quelque chose de cette intelligence entrepreneuriale-là qui est capable de capter les signaux de l’environnement. C’est drôle parce que, on en reparlera peut-être plus tard, je suis en train de lancer un nouveau programme. Le terme que j’ai choisi pour le titre de mon programme, c’est « autopoiesis », « autopoïèse » qui est la capacité d’un système à s’auto réguler et à constamment retrouver l’équilibre dans des environnements changeants, justement. Il y a quelque chose dans la business qui doit être capable. Bâtir des business résilient, c’est bâtir des business qui sont capables de faire ces pivots-là.

[00:09:41.250] – Myriam Jessier

Est-ce que tu as déjà été faire des petites courses, ce n’est pas des Formule 1, mais des petits go-kart.

[00:09:49.940] – Tatiana St-Louis

Oui.

[00:09:51.680] – Myriam Jessier

Quelle lane tu choisis, toi, quand tu en fais?

[00:09:56.570] – Tatiana St-Louis

Là, je ne sais pas.

[00:09:59.970] – Myriam Jessier

Figure-toi qu’il y a statistiquement une des lanes qui est plus simple à gérer, qui est plus courte et qui te permet de gagner selon la façon dont tu le gères. On ne parle pas ici de Formule 1, professionnelle, tout ça. Mais on parle de, si tu es un conducteur de base qui sait pas nécessairement gérer, selon ton style de conduite, tu vas trouver quelque chose qui te va le mieux où t’as beaucoup plus de chances de gagner que d’autres lignes. Ça, c’est le premier point.

[00:10:28.700] – Tatiana St-Louis

C’est laquelle je veux savoir maintenant? Il faut que je prenne laquelle

[00:10:32.720] – Myriam Jessier

Pour moi, ça remonte à il y a pas mal de temps. Donc j’ai peut-être tort parce que c’est mes souvenirs d’enfance, mais moi, je prenais la ligne à l’intérieur parce que c’était plus simple.

[00:10:41.600] – Tatiana St-Louis

C’est ce que j’aurais pensé. Parce que c’est que t’as une balise gauche qui te permet… Bref.

[00:10:47.920] – Myriam Jessier

Non, mais attends, parce que c’est pas pour tout le monde. Pourquoi? Parce qu’il y a un autre élément qui est très important, c’est comment est-ce que tu négocies ton tournant? La plupart des gens s’imaginent tout le temps qu’un pivot, il faut le faire quand les choses commencent à aller mal depuis un petit bout. Non. Les meilleures entreprises qui font face, c’est celles qui savent comment se préparer à prendre le tournant à gauche, qui va être raide et qui se préparent bien à l’avance pour faire face aux autres forces qu’on va rencontrer pendant qu’on prend le tournant. Je te vois hocher de la tête, dis-moi ce qu’il y a dans ta tête, toi.

[00:11:22.660] – Tatiana St-Louis

Ce qu’il y a dans ma tête, c’est que justement, mars passé, moi, j’ai eu un fort signal qui m’est venu. MoneyBrand allait bien, les clients étaient contents. On avait terminé, ça a pris deux ans, de vraiment roder tout le système à l’intérieur. On était passé en mode cohorte. Et j’ai eu ce feeling intuitif dans le ventre qui m’a dit « Il faut que je ferme le programme », du moins dans sa version où elle était actuellement, pour créer ce nouveau programme. Puis, pour moi, c’est devenu comme un peu une obsession. Encore une fois, le futur va nous dire si j’avais raison ou tort, mais je reste persuadée que c’est le bon move parce qu’il y a des signaux qui me sont venus que le marché était en train d’évoluer ou qu’il y avait des changements ou des perturbations dans le marché. Moi, mon marché, on en a parlé, c’est le marketing, c’est le coaching business, c’est le monde des petites entreprises, des solopreneurs. J’ai fermé avant de voir des signes de ralentissement. J’ai entamé le pivot avant de voir les signes de ralentissement.

[00:12:48.910] – Tatiana St-Louis

Pour moi, c’était tellement clair de dire « Si je le fais pas maintenant, je vais être en retard. »

[00:12:56.270] – Myriam Jessier

Ça nous amène à un point très important parce que ce que tu viens de décrire de manière très concrète, qui connecte avec des êtres humains, il y a une jolie phrase qui peut être utilisée pour normaliser… Pas normaliser, mais généraliser la déclaration à tous les gens qui nous écoutent. « Si vous maintenez un état constant d’opportunisme, » donc on reste ouverts aux opportunités, « et une volonté de pivoter, là, on se retrouve future proof. » C’est qu’on guette les opportunités, mais on s’assure aussi de pivoter, donc d’avoir cette volonté de changer. Mais attention, comme tu l’as dit, ce n’est pas à n’importe quel moment. On a la volonté de pivoter lorsque les progrès ou les gains sur la voie actuelle diminuent. Ça veut dire que s’il n’y a pas de progrès tangible qui connecte avec notre « gut feeling », avec notre intuition, on sait qu’on a un risque de stagner et que stagner, ça mène… Voilà.

[00:14:05.820] – Tatiana St-Louis

Exact. Je pense qu’ici, les gens vont peut-être penser que progrès, c’est juste faire de l’argent ou faire plus d’argent, alors que progrès, c’est un mouvement, c’est juste qu’on ressent une stabilisation qui est en train de se mettre en place. D’où la thématique un peu de ce dont on voulait discuter aussi, c’est qu’il y a une période de stabilisation qui est en train de s’entamer ou de se compléter. En général, ce n’est pas au moment où elle est complétée qu’on entame le prochain pivot, parce que quand on entre en stabilisation, on perd du momentum. Quand on dit que les progrès ou gains sur la voie actuelle diminuent, je dirais quasiment c’est le momentum est en train… On est en train de perdre de l’énergie du momentum et cette énergie doit être réinvestie pour donner un prochain push à l’entreprise.

[00:15:03.090] – Myriam Jessier

Ça, c’est un autre terme qui est très important, c’est l’entropie. C’est la force du chaos, c’est l’énergie qui est « gaspillée », l’énergie qu’un système ne peut pas utiliser. C’est le chaos par définition. Et si on laisse l’entropie trop grandir, c’est qu’on a un problème. Mais si on est tellement systématique qu’il n’y a quasiment pas d’entropie, s’il n’y a pas de chaos, on ne peut pas voir ce qui en émerge non plus. Donc, on se retrouve aussi potentiellement à stagner parce qu’il y a quelqu’un d’autre qui va penser et repenser le statu quo et proposer des évolutions. Donc, c’est là où c’est un petit peu compliqué de se dire « Mais est-ce que je pivote? Quand est-ce que je pivote? Pourquoi est-ce que je pivote? Comment est-ce que je m’assure que ça soit un succès? Comment ça marche? » Comment est-ce qu’on se retrouve à se dire « Mettons, l’économie ne va pas bien » ou « Mettons, la mode ou la tendance dans laquelle je m’inscrivais est en décélération » ou tout simplement de se dire « La notion de progrès, c’est pour soi-même aussi de dire « J’en ai marre de faire toujours la même chose. J’en peux plus. Ça m’ennuie et ça ne m’apporte pas de bonheur. »»

[00:16:16.620] – Myriam Jessier

Tout ça, c’est super, super important et c’est quelque chose qu’on remarque, pour moi en tout cas personnellement, je le remarque au début et à la fin. Je le remarque au début quand je me dis « Il est temps que je fasse quelque chose » ou le quelque chose m’arrive et je me dis « Il est temps que ce quelque chose-là arrive dans ma vie » et ensuite, je me retourne et je dis « J’en ai accompli des choses depuis le moment où j’ai décidé que X. » Mon premier gros pivot réel, et ça, je pense que ça va surprendre les gens parce qu’on pense tout le temps, le gros pivot, c’est « Je me lance à mon compte. » Ça, c’était quasiment naturel. J’étais convaincue que ça allait s’arrêter à un moment ou à un autre. J’allais me lasser. En fait, non, parce que je n’ai pas arrêté de pivoter, mais mon premier vrai pivot, c’était de me dire « Je veux devenir formatrice. Il est temps pour moi d’enseigner ce que je sais aux gens. » Et ça, ça voulait dire « Pivoter mes services », donc le fait que je fais des audits, de l’accompagnement, tout ça, vers plus de la formation. Donc repenser la nature des savoirs que j’avais dans un contexte qui était autre, avec des opportunités qui étaient autres. Donc bien entendu que j’allais progresser. Bien entendu qu’il allait y avoir des gains. Mais après, on se dit « OK, et comment est-ce que je pivote? Comment est-ce que je fais ça? » Et c’est là où je vais dire « Si vous nous écoutez et que vous n’avez pas écouté la première partie, je vous conseille d’écouter l’épisode précédent de notre série. Ça va vous donner une très bonne idée de à quel moment est-ce que votre marque devrait pivoter. »

[00:17:57.830] – Tatiana St-Louis

Tout à fait. Puis je pense qu’aussi, il y a beaucoup de gens qui pensent que pivoter, c’est comme drastique, mais des fois, c’est changer un angle. C’est juste bouger l’angle de quelques degrés ou repenser… Par exemple, on a une offre qui était une offre secondaire, elle devient notre offre principale ou rentrer encore plus en profondeur dans quelque chose d’autre.

[00:18:28.990] – Myriam Jessier

Je pense que c’est très important de ramener tout le monde avec le terme « pivot ». C’est qu’on n’est pas en train de dire « demi-tour », on n’est pas en train de dire « reboot », on n’est pas en train de dire « décollage », on est en train de dire « pivot ». On ne recommence pas au début, ce n’est pas le Monopoly où on bypasse la case départ et on va en prison d’office. On est en train de pivoter nos opérations parce qu’on veut s’aligner ou se réaligner vers des opportunités et vers un progrès. Le progrès peut être financier, il peut être personnel aussi, parce que se lever le matin et travailler pour quelque chose si on n’y croit pas ou si on est fondamentalement contre, même si ça fait de l’argent, ça fait beaucoup plus de mal que de bien. Toutes les raisons de pivoter, elles sont valides si elles sont bien examinées et qu’il y a effectivement quelque chose qui s’ancre dans la notion d’opportunité et de progrès.

[00:19:32.240] – Tatiana St-Louis

Je suis vraiment contente qu’on ait cette conversation parce que je pense que ça démontre aussi… Toi, ça fait huit ans que t’es dans ton entreprise moi, ça en fait sept. On en a vu, on en a passé plusieurs des pivots, puis ils n’ont pas nécessairement eu tous… Je pense qu’ils ont tous été conséquentiels dans notre évolution. Je ne pense pas qu’il y a des pivots non nécessaires nécessairement, parce qu’encore une fois, je pense que ce qu’il faut se rappeler, c’est que le pivot est interdépendant de l’environnement, de ce qui se passe dans la… Comme par exemple, pendant la pandémie, il y a des gens qui ont pivoté, mais c’était un pivot forcé. Mais on va toujours être en train de s’adapter à ce qui vient de l’extérieur. Ça peut être des situations dans notre vie personnelle aussi, des choses comme ça.

[00:20:28.460] – Myriam Jessier

Tranche de vie, très sincère. J’ai mis des années, je voulais tout le temps lancer un cours en ligne. J’étais bien en avant sur les tendances du marché et je ne croyais pas en moi. Ensuite, j’ai vu d’autres personnes en lancer. Et le temps que je lance le mien, je me suis rendu compte que les cours que je donnais en présentiel me ramenaient trop d’argent pour que je cannibalise mon offre avec une formation en ligne, qu’il y avait déjà pas mal de formations en ligne et je voyais aussi que la tendance au loin de « Ouh, le marché, il a l’air trop saturé à un moment ou un autre, ça va commencer à baisser. » Donc des fois, on va arriver à se dire « En fait, je l’ai raté mon pivot. » C’est même pas qu’on a pris le pivot, on a pris le tournant et qu’on n’a pas réussi ou que c’était un mi- cuit de réussite. Des fois, on le rate et on se sent super mal. Et on attend un petit peu et l’opportunité de pivoter telle qu’on l’envisageait, peut-être que c’est plus le même sujet, peut-être que c’est pas le même format, peut-être qu’il y a une variable qui a changé, mais tout d’un coup, elle est de nouveau sur la table.

[00:21:33.860] – Myriam Jessier

Donc il faut pas voir les pivots comme étant des opérations à perte. On apprend toujours, même si le pivot, on le rate potentiellement ou s’il ne marche pas.

[00:21:46.130] – Tatiana St-Louis

Tout à fait. Il y a un livre de Nassim Nicholas Taleb dont je parle souvent qui s’appelle « Antifragile ». Pour moi, ce n’est pas juste une entreprise résiliente dans le fond qui va être capable de… Le concept d’antifragilité, ce n’est pas juste d’être capable de prendre les coups, c’est d’être capable de redevenir un système qui progresse justement à travers le chaos et à travers les changements.

[00:22:15.690] – Myriam Jessier

J’ai un point important aussi quand on analyse les pivots qu’on a faits ou qu’on veut faire. Il y en a un qui est très simple parce qu’on pense tout le temps que le pivot, il va y avoir une épiphanie où on va avoir un moment à regarder le soleil et dire « Ah! Ça va arriver. » Moi, je sais que j’ai eu des moments comme ça où j’ai explosé en sanglots absolument misérable devant le Colisée à Rome alors que ça aurait dû être un moment romantique. J’ai appris que ces épiphanies-là, que les autres se les gardent, moi, j’en veux pas. J’aime bien des pivots en douceur qui font du sens. Un des pivots les plus simples, c’est si vous vous retrouvez avec beaucoup de monde qui vous demande la même chose et que vous aimez faire ça, peut-être que ça, c’est un pivot à prendre. Ou peut-être que c’est une offre secrète comme les menus de Burger Secrets ou les menus Starbucks Secrets que vous réservez à certains clients jusqu’à ce que l’offre soit rodée et que vous vous dites « Finalement, je sais à qui j’offre ça, pourquoi comment et je me lance.»

[00:23:16.480] – Myriam Jessier

Donc il y a un élément qui peut être aussi extérieur. On voit que les gens nous le demandent, nous mandatent pour ça. Alors autant saisir l’opportunité. Si votre réseau se montre intéressé par ces services supplémentaires, vous n’avez pas de problème pour pivoter parce que c’est une réponse à l’évolution des priorités du marché. C’est cool.

[00:23:39.170] – Tatiana St-Louis

Tout à fait.

[00:23:40.850] – Myriam Jessier

Oui, mais ça vient de l’intérieur. Tu le disais toi aussi, tu as beaucoup de pivots qui viennent de l’intérieur. À quoi ça ressemble pour toi?

[00:23:51.890] – Tatiana St-Louis

Des pivots de l’intérieur, c’est souvent en relation à ma propre charge de travail, de dire… J’ai enregistré un autre épisode avec Helene-Sarah Becotte où on parlait de capacité d’un modèle d’affaires. Des fois, on se rapproche de la capacité d’un certain modèle d’affaires, puis on voit que si je voulais vraiment atteindre mes objectifs, il faudrait que je travaille beaucoup plus que ce que ma santé me le permet. Ou, moi, des pivots intérieurs, ça a été souvent aussi mes propres évolutions. Il y a des choses que je ferais au début parce que j’étais en confiance, mais ma confiance a grandi avec le temps et puis là, je me suis dit que ça s’aligne davantage avec ce que j’ai envie de montrer de moi. Ça peut être des choses très internes aussi. J’aimais ce que tu disais parce que je pense qu’il y a aussi deux types de pivot. Où on pivote par rapport à un service qui est déjà validé comme quelque chose qu’on a un besoin qui s’est fait ressentir, où on l’a déjà testé avec notre marché, versus pivoter vers une sophistication de nos offres ou du marché. Puis là, moi, je donne un exemple.

[00:25:02.180] – Tatiana St-Louis

Moi, j’ai fait les deux. Dans un premier temps, j’ai beaucoup pivoté, comme par exemple du coaching en individuel que je faisais sur le positionnement de marque, c’est devenu MoneyBrand. Tout ce que j’avais créé dans… Après ça, j’ai pivoté vers un modèle d’affaires différent, mais la thématique, les sujets, les contenus étaient relativement semblables. Mais là maintenant, le pivot que je suis en train de faire, c’est un pivot vers une sophistication du marché, quelque chose que je considère que mes clients… Ou qu’il y a suffisamment de signaux dans l’environnement pour me dire « Il y a suffisamment de clients qui sont rendus à ce degré de maturité-là pour être capables de désirer ce que je veux leur offrir.» Ça, c’est vraiment plus un pivot de sonde, où est-ce qu’on dit « Je mets mes dollars, je mets mes jetons sur ce type de développement dans le marché » et puis, je me positionne comme une des premières qui va faire ce pivot-là.

[00:26:04.200] – Myriam Jessier

Ce que tu amènes, c’est excellent parce que ça me permet de parler d’un autre type de pivot et d’expliquer aussi pourquoi est-ce que les gens, ils ont souvent peur de pivoter. C’est qu’un pivot bien fait, à la fin de la journée, et là, c’est un argument quand même qui est un petit peu… Toi, je sais qu’il va résonner avec toi, mais pour les gens qui ne comprennent pas, posez-vous, regardez votre offre et je vous challenge d’essayer de cannibaliser votre offre. La problématique, c’est qu’on se dit tout le temps « Je ne veux pas mettre en péril ce que j’ai déjà. » C’est qu’on a une aversion à la perte potentielle. On préfère ne pas gagner plutôt que perdre. C’est quelque chose d’humain. Pivoter, ça veut dire « surmonter ça » parce qu’un chiffre d’affaires peut augmenter grâce à la cannibalisation. Parce que la cannibalisation produit, c’est le remplacement d’un produit par un nouveau produit de la même entreprise. Et on peut cannibaliser différents angles. C’est là où ça devient un petit peu plus compliqué. C’est que je faisais référence dans l’épisode précédent, donc n’hésitez pas à aller le checker, où je disais « Un audit avec moi, ça coûte plusieurs milliers de dollars.» Et tout d’un coup, pour un quart du prix, je cannibalise mon audit. Pour un quart du prix, donc réellement, j’allège le prix en offrant un autre format d’audit. Mais cet autre format, il va parler à d’autres personnes où j’ai découvert qu’il était utilisé de différentes manières. Donc, c’est un outil pour d’autres choses. On peut cannibaliser le prix comme Netflix le fait. Ça, on en a déjà tous et toutes entendu parler. Mais on peut aussi cannibaliser, littéralement, l’offre en changeant le livrable, en changeant la forme, en changeant l’audience. On peut jouer sur différentes variables et pivoter grâce à cet esprit de cannibalisation, qui est un mot quand même qui fait peur.

[00:28:12.910] – Tatiana St-Louis

Oui, ça fait peur, mais des fois, c’est très nécessaire. En littérature, dans l’écriture, ils parlent souvent de « kill your darlings », « assassiner vos chéries », ça c’est dans un roman ou dans un livre, dans un narratif, souvent, c’est ce qui va permettre de créer un « plot twist » ou un renversement de situation qui va ouvrir des nouvelles opportunités. En éliminant un canal qui a été normalisé, on crée un chaos créatif.

[00:28:54.580] – Myriam Jessier

Nous, en tant qu’entreprise chez Pragm, on a pivoté à cause ou grâce à la cannibalisation intensive de Google. C’est qu’au début, il y avait Google Analytics Universal, le modèle que tout le monde connaissait très bien, qu’on aimait bien, et très tôt, vraiment très, très, très tôt, début 2021, on a commencé à offrir des cours. En Google Analytics 4, il n’y avait que très peu de demandes parce que personne n’était forcé d’apprendre ça. Ça allait mettre deux ou trois ans avant que Google ferme tout ça. C’était annoncé et personne n’était pressé. On a décidé de s’engouffrer dans la brèche parce qu’on était les premiers. Maintenant, on est tous les deux, moi et Augustin, reconnus comme formateurs et formatrices GA4 en mode « Ça fait très longtemps qu’on fait ça, on peut nous faire confiance. » Mais en plus de ça, on a pu tester l’outil, grandir, voir quels sont les problèmes testés avec les étudiants et les étudiantes. Mais là, qu’est-ce qui se passe, Tatiana? On offrait quand même les cours Universal, donc on a cannibalisé, mais c’était planifié parce qu’on allait devoir prendre ce tournant. Puis voilà, on pouvait le prendre doucement ou de manière très abrupte et offrir des services pour les retardataires, dernière minute.

[00:30:09.320] – Myriam Jessier

On a décidé bien entendu de faire les deux, de prendre le tournant tôt. Mais là, il y a un autre problème, c’est que la raison pour laquelle les gens ne voulaient pas passer à Google Analytics 4, c’est que tout le monde déteste l’interface, tout le monde déteste le nouveau modèle et qu’en plus, les données ne restent pas. Là arrive un nouveau produit de la part de Google qui s’appelle BigQuery et tout d’un coup, ça nécessite des notions de programmation. Tu me vois arriver avec mes gros sabots. On est en train de pivoter en disant « Bon, on offre encore les cours GA4, mais les gens qui veulent aller plus loin? » Encore une fois, la sophistication. On est passé de « Je n’en peux plus de cette interface » à « Je suis prêt à investir dans mes connaissances et aller chercher les données moi-même dans un équivalent de Dropbox, mais pour les données, dis-moi, comment? » Il faut bien comprendre que les pivots, ils peuvent être internes et externes en même temps. C’est qu’on reconnaît les opportunités du marché. On sait que moi, dès que les gens se plaignent « J’aime pas ça. Je veux pas le faire. » Je rigole parce que je sais qu’il y a une opportunité en tant que marketeuse de faire de l’argent. Il y a un problème. On le règle.

[00:31:20.780] – Tatiana St-Louis

Salut les ambitieuses. Je fais une petite pause dans l’épisode pour te parler de quelque chose de vraiment important. On ne va pas se mentir, les dernières années ont été rough pour beaucoup d’entrepreneurs. Pour certaines, ça a voulu dire de retourner sur le marché de l’emploi, pour d’autres, redéfinir ses offres ou changer sa clientèle. Et au cours des huit dernières années, j’ai vu des centaines d’entrepreneurs motivés et pleins de talents, obligés de fermer les portes par manque de rentabilité ou de momentum. Parce qu’on ne va pas se mentir, grâce au pouvoir du Web et des réseaux sociaux, il n’y a jamais été plus facile qu’aujourd’hui d’avoir sa propre entreprise. Le défi, c’est d’y rester maître à bord, ancré dans sa vision, peu importe les tempêtes qu’on rencontre au fil des ans. Mais il ne faut pas se faire d’illusions. Ton énergie est limitée. Tu ne peux pas brûler la chandelle par les deux bouts. Et pour continuer, tu as besoin de trouver un équilibre entre croissance et stabilisation. Et la clé vers cet équilibre, c’est la force de tes systèmes. Et crois-en mes sept années d’entrepreneuriat à faire croître mon équipe, mon plaisir et mes profits, je l’ai expérimenté au premier plan. Ce sont tes systèmes qui te supportent jour après jour pour que tu puisses enfin relaxer dans ton entreprise, même quand le monde est sans dessus-dessous. Cet hiver, je veux ouvrir les portes de mon nouveau programme signature, Autopoiesis. Ça fait plus de six mois que je travaille sur cet hybride entre un mastermind et un parcours de développement entrepreneurial pour te faire travailler dans les mécanismes les plus importants de ton business durable. Bye bye « hustle », bye bye « doute et découragement », tu es devenu entrepreneur pour faire du bien à toi, à tes clients et à ceux qui t’entourent. Et là, on va optimiser chaque partie de ton entreprise pour y arriver. Rejoins la liste d’attente pour être aux premières loges lors de l’ouverture des inscriptions et profiter des rabais, bonus et autres « goodies » que je réserve à la première cohorte qui bénéficiera du prix le plus bas auquel le programme sera vendu. Pour t’inscrire, c’est facile, rends-toi sur aimetamarque.com/ap et entre tes infos. C’est gratuit, c’est sans engagement, mais mon instinct me dit que c’est exactement le type de support à la fois stratégique et expérientiel que tu cherchais.

[00:33:53.060] – Tatiana St-Louis

All right, ma chère, c’est à aimetamarque.com/ap. N’oublie pas que si tu cherches le lien, il est dans les notes de l’épisode. Et maintenant, de retour à notre émission.

[00:34:04.930] – Myriam Jessier

Tout ça pour dire que les pivots, on y réfléchit, mais des fois, on n’y réfléchit pas et on se retourne et on dit « Ah finalement, j’en ai fait du chemin. » Moi, je vais revenir sur une petite notion quand même au niveau de l’impact de la cannibalisation. C’est que, comme tu l’as dit, kill your darlings. Mais pourquoi? Parce que ça permet de changer le positionnement d’une marque. On peut passer en, mettons, entrée de gamme à premium. Ça, c’est quelque chose qui arrive, pour beaucoup d’entre nous. Ça change aussi les industries, les clientèles. Tout d’un coup, on se rend compte qu’il y a certaines niches dans lesquelles on s’est spécialisé, avec un réseau spécifique et donc on a d’autres clients. C’est quelque chose qui m’arrive régulièrement. Ça change le prix, ça change la perception de la marque. Donc, la cannibalisation qui est un des pivots les plus personnels à la fin de la journée, des choses qui ne viennent pas nécessairement de l’extérieur, c’est des choses qui nous permettent de nous transformer et qui nous permettent de progresser.

[00:35:15.860] – Tatiana St-Louis

Oui, puis je vais juste rajouter aussi pour ceux qui nous écoutent, parce que moi, je le rappelle toujours à mes clients, c’est que l’entrepreneuriat, c’est un « infinite game ». C’est un jeu infini où l’objectif, ce n’est pas d’atteindre X chiffre d’affaires ou X nombre de clients, peu importe, ou d’avoir la position numéro 1 sur Google, mais vraiment de rester dans la game le plus longtemps possible. C’est impossible de penser à une game de 10 ans comme nous, on va approcher les 10 ans bientôt, où il n’y a aucun pivot, où il n’y a aucun changement de cap, parce que ça voudrait dire que l’environnement dans lequel on est ou notre environnement interne est statique, ce qui est complètement faux. Il y a toujours une évolution.

[00:36:05.280] – Myriam Jessier

Quand on réfléchit à notre pivot, il faut vraiment y réfléchir et l’exprimer. Quand on communique les éléments qui sont liés au pivot pour nous permettre de réussir en disant « Je veux aller de là à là et offrir ça. » on peut transformer une liste de services qui sont assez vagues en propositions claires comme de l’eau de roche. Donc, qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que je sais à qui s’adresse l’offre, le problème que ça va résoudre et en quoi consiste mon service, comment est-ce qu’il fonctionne, quelle forme il va prendre. Et ça c’est quelque chose au début, c’est une expression que j’utilise quand j’explique aux gens « J’ai construit mon business en disant oui. » Quand j’étais dans mes débuts, « Tu veux faire ça? » « Oui.» « Tu veux optimiser? » « Oui ». Et j’ai construit ma marque en disant non.

[00:37:07.470] – Myriam Jessier

Et ça, c’est très important. Ça sous-entend les pivots qu’on prend dans la vie. Et ça, c’est quelque chose qu’on ne peut pas nécessairement expliquer très bien, toi et moi, parce qu’il faut avoir survécu à une première vague de pivots pour avoir cette confiance entrepreneuriale et dire « Bon, le prochain tournant-là, je sens, j’ai l’intuition de le négocier. » Ce que je conseillerais avant tout, c’est de ne pas avoir peur de prendre un pivot, de le faire de manière très intelligente en disant « j’ai vu qu’il y avait de la demande » ou « par expérience, je sais que si je prends ce tournant-là, si je fais ce pivot, ça va être bénéfique pour moi pendant quelques années et ça va me permettre de créer un tremplin pour progresser encore plus loin »

[00:38:01.210] – Tatiana St-Louis

Oui, et puis je pense que ça fait le lien aussi avec notre épisode de la dernière fois parce que comment est-ce qu’on fait pour développer cette intelligence entrepreneuriale-là? Selon moi, ça passe beaucoup par vraiment bien comprendre notre marque et notre positionnement parce qu’on ne peut pas faire un pivot si on ne sait pas où on est sur la map. On ne peut pas faire un pivot si on n’est pas capable d’établir les coordonnées précises où on est, puis de dire « OK, ma stratégie, ça va être de pivoter de 15 degrés. » On peut le faire à l’œil comme ça, mais il y a beaucoup plus de risques qui sont investis là-dedans en disant « Là, on rentre dans ce qu’on appelle aussi lancer des spaghettis au mur. » Lancer des spaghettis au mur, c’est des pivots, mais c’est pas des pivots intentionnels. Avec des pivots pas intentionnels, ce qui arrive, c’est qu’on va dépenser de l’énergie. Je pense à tous les clients qui disent « OK, je m’étais donné un an pour faire 100 000, je n’ai pas fait 100 000, il faut que je change toute mon offre, mon système, mes écosystèmes.» Là, c’est comme « Non. » Genre c’est que :

[00:39:02.230] – Tatiana St-Louis

1. Tu n’as peut-être pas laissé assez de temps à ton système de se stabiliser. 2. Il y a quelque chose que tu n’as pas compris sur ton positionnement, tes clients, ton désir, à ce sujet-là, allez écouter l’autre épisode qu’on a enregistré avec Myriam. Ou 3, t’es en « trauma response » parce que là, tu veux juste utiliser ce momentum, cette énergie pour tout détruire, puis tout reconstruire. Comme un enfant qui dit « OK, j’ai bâti un château, maintenant, je vais complètement le détruire, puis en recommencer un ». Ça, c’est pas de l’entrepreneuriat stratégique, c’est même de l’entrepreneuriat destructeur.

[00:39:41.350] – Myriam Jessier

Un pivot, ce n’est pas courir après la dernière tendance parce que les autres le font. Si c’est déjà une tendance que tout le monde fait, c’est que vous avez déjà raté le tournant. C’est qu’il y a encore peut-être de la place si vous avez un bon différenciateur de marque, un positionnement vraiment unique, mais si c’est pour faire du générique ou si c’est pour faire quelque chose que quelqu’un a déjà fait, mettons 20% mieux, ce ne sera pas suffisant. Ce n’est pas un pivot.

[00:40:09.840] – Tatiana St-Louis

Comment tu détermines quand le pivot… Parce que tantôt, on a dit, il n’y a pas nécessairement de pivot qui m’ont servi à rien, des choses comme ça, mais est-ce que tu considères que des fois, il y a des pivots qui sont « ratés »?

[00:40:27.510] – Myriam Jessier

Oui. J’en ai vu des pivots absolument spectaculairement ratés. Pour moi, un des pivots qu’on pourrait traiter d’expansion les plus ratés au Canada, c’était Target. Ils n’ont rien compris au marché. On ne voulait pas Target pour Target. On aimait Target parce que c’était des bons produits, qu’ils étaient le fun et qu’ils étaient disponibles et à un prix abordable. Si tu vas nous donner une expérience canadienne qui est impactée négativement parce que les produits ne sont pas là, les prix ne sont pas là, il n’y a rien qui est là de l’essence de la marque Target, ce à quoi on s’attend au niveau de l’expérience, bien sûr que ça va rater. J’ai eu aussi des entreprises qui me disent « On va se lancer en France » et je les prévenais parce que je disais « Votre marque, votre ADN, c’est d’être drôle. » Toutes les blagues que vous avez au Québec qui sont drôles, c’est zéro ce qui va se vendre en France. « Non, non, mais on va s’adapter. » Je leur ai dit, je les ai prévenus. Faites attention, le marché français, l’humour n’est pas du tout le même. Ce qui est votre pilier de marque dans un coin du monde ne sera pas un différenciateur, ça va être un alien ailleurs.

[00:41:44.350] – Myriam Jessier

Il faut faire attention au pivot et toujours se dire « Est-ce que j’ai ma place? Est-ce que je vais pouvoir me différencier? » ou est-ce qu’on se pose la question de « Bon, on voit un trou dans le marché, on va pouvoir se caser. » Se caser et faire sa place, c’est deux choses très différentes. Un pivot, c’est réellement faire sa place, c’est de tourner un petit peu et de se réaligner, réaligner sa marque pour aller plus loin.

[00:42:14.040] – Tatiana St-Louis

Oui, j’avais une question qui m’était venue, je me demandais… Bref, ça va me revenir… Les pivots manqués.

[00:42:23.720] – Myriam Jessier

À quoi ça ressemble, un pivot manqué? Pour moi, il y a beaucoup de pivots qu’on va juger comme étant manqués à l’interne, mais ça ne se verra pas à l’extérieur. La plupart des pivots ratés et spectaculaires en public, c’est qu’il y a quelqu’un quelque part qui a ignoré beaucoup de signaux des gros red flags pour quand même lancer la patente.

[00:42:48.840] – Tatiana St-Louis

Oui, c’est ça que je voulais dire. Merci d’avoir repris ça au vol. C’est qu’encore une fois, comme on en a parlé dans le dernier épisode, je crois que les pivots ratés ou les pivots qui n’ont pas lieu d’être, c’est quand on a perdu de vue qu’on est au service ou qu’on est… On est devenu self-conscious, on est devenu conscient de soi et de ses propres intérêts, au lieu de rester à l’écoute de la transformation du désir de notre client ou de son évolution en maturité. Parce que jusqu’à un certain point, beaucoup de pivots, je pense que beaucoup de gens vont faire un pivot quand ils sentent qu’on ne fait pas assez d’argent. Il y a comme un état de panique, où est-ce qu’on doit pivoter, sinon on va devoir mettre des gens dehors ou X, Y, Z. Naturellement, c’est un pivot trop tard. Il y a encore une façon de sauver la barque, seulement si on est capable de redevenir très intentionnel et très à l’écoute du marché. Mais là, ce qui arrive quand on fait un pivot trop tard, c’est parce qu’on a perdu, on a levé notre oreille du sol, puis on est plus en résonance avec le marché.

[00:44:04.610] – Myriam Jessier

Ce n’est pas seulement la résonance avec le marché, c’est aussi l’alignement avec son image de marque. Ça, c’est quelque chose qui doit être fait très bien, sinon ça ne marche pas. Un exemple concret de ça, c’est comment est-ce qu’on est capable de se cannibaliser sans nécessairement perdre sa crédibilité? Les marques de haute couture font ça relativement bien, c’est qu’elles se sont rendues compte qu’il y avait pas mal de monde qui adorait porter des logos, ce qui permet de faire de la publicité pour les marques. Et les marques de haute couture, pendant très longtemps, ont refusé de faire des produits moins chers en disant « On ne veut pas perdre notre capital de marque. » Et tout d’un coup, les marques se sont rendues compte, en pivotant et en offrant des ceintures, des tee-shirts, des portefeuilles, que mettre son logo dessus permettait de pivoter avec un autre segment de la population. Et ces gens-là, parmi certains et certaines qui achètent ces produits moins chers, il y a aussi des gens qui sont suivis par d’autres clients, que ce soit des clients avec beaucoup de moyens, parce que c’est des influenceurs, influenceuses, ou des gens qui veulent acheter aussi la marque tout court, veulent un point d’entrée.

[00:45:16.080] – Myriam Jessier

C’est là où on peut souligner que ça cannibalise bien les produits, ce pivot. J’ai un de mes amis qui faisait une référence à ça en disant « J’ai voulu m’acheter un portefeuille Louis Vuitton et la version sans le logo coûtait plus cher que la version avec le logo. »

[00:45:34.650] – Myriam Jessier

C’est cette notion, encore une fois, de « quite luxury » ou pas, etc. Il y a des marques qui pivotent très mal aussi. Là, je vais utiliser un exemple de la haute couture aussi, c’est Gucci. Gucci, en ce moment, la blague, c’est que la marque est en train de descendre en termes de capital parce que de plus en plus de gens disent « Gucci, c’est l’idée que les gens avec moins de moyens ont de ce que les gens riches portent ».

[00:46:03.620] – Tatiana St-Louis

C’est comme ce qui est arrivé avec Michael Kors. Même, j’ai l’impression qu’il y a des marques qui ont été démobilisées de leurs statuts de luxe vers quelque chose d’un peu plus… pour tout le monde.

[00:46:18.450] – Myriam Jessier

Pour moi, c’est la notion d’expansion ou pivot. Est-ce qu’on continue à s’étendre parce qu’on vaut le coup ou est-ce qu’on essaye de pivoter et d’aller attraper d’autres choses, mais ça n’a pas été réfléchi. Ce tournant, il part dans tous les sens. On part dans le décor parce qu’on n’est plus aligné sur les besoins du marché et on n’est plus aligné sur notre image de marque.

[00:46:40.010] – Tatiana St-Louis

100 %. J’ai une question plus technique un peu pour toi. Comment tu vois, puis j’utilise le terme « collatéral marketing » pour parler de tout l’écosystème marketing comme les actifs de marque. On a parlé de capital de marque, mais là, parlons d’actifs de marque. Quoi faire avec nos actifs quand on pivote? Surtout toi qui travaille en SEO, on sait qu’on a toute une historique de recherche derrière nous, on a gagné certaines positions dans certains marchés. Qu’est-ce qui arrive au niveau de cette transition-là ?

[00:47:15.660] – Myriam Jessier

C’est très important de communiquer avec les machines et les humains, qu’est-ce qu’on fait et qui on est? Si, par exemple, moi, je publie des articles qui sont liés à Shopify ou e-commerce, ils vont vite se positionner parce que Google a déjà reconnu que j’ai publié plusieurs articles là-dedans. Pareil dans Google Analytics. On va utiliser le cas de Google Analytics. On est passé de Google Analytics Universal à GA4. Là, on est bien connu plus pour GA4, donc on a transitionné de plus en plus vers… On a pivoté vers GA4. Et donc là, tout d’un coup, on est en train de bâtir dessus en disant « Tu nous connais pour les données, BigQuery est lié à Google Analytics 4.» Comment est-ce qu’on communique, qu’on peut faire des choses dans GA4, mais mieux dans BigQuery. On va publier des articles là-dessus, on va avoir des podcasts, on va parler là-dessus. Tout d’un coup, Google va comprendre. Et puis, il y a un lien, il y a un fil rouge à travers tout ça. Quand on veut pivoter, c’est ça. C’est qu’on faisait quelque chose et on propose quelque chose de nouveau, mais c’est peut-être une nouvelle façon de le faire, donc un nouveau livrable. Peut-être que c’est un nouvel angle parce que la technologie a évolué, parce qu’on cible certaines industries, etc. Donc, il faut bien comprendre que le travail qui a été fait avant, d’habitude, c’est une fondation sur laquelle on peut bâtir et étendre l’annexe. Étendre, vraiment, ajouter la nouvelle corde, entre guillemets, à notre arc en disant « C’est logique qu’on offre ça maintenant. » Si c’est un pivot qui est tellement difficile à expliquer, que vous avez du mal, peut-être que c’est une autre marque. Peut-être que littéralement, il vaut mieux reconstruire parce qu’on va avoir plus de mal à expliquer ou raconter cette histoire, ce changement.

[00:49:06.640] – Tatiana St-Louis

Ça fait plus partie du narratif original.

[00:49:11.790] – Myriam Jessier

Quand je dis…

[00:49:13.690] – Tatiana St-Louis

Oui, vas-y.

[00:49:14.360] – Myriam Jessier

Quand je dis narratif original, c’est qu’il faut bien comprendre que qui vous étiez il y a un an, deux ans, dix ans, ce n’est pas la même chose que qui vous êtes aujourd’hui. Mais expliquer cette transition, expliquer ces pivots, c’est quelque chose qu’il faut prendre le temps de faire, parce que sinon, la confiance, elle disparaît. Pourquoi est-ce qu’on est les meilleurs à faire ce nouveau service? Parce que si on regarde derrière, on voit les fondations qu’on a posées pendant plusieurs années en offrant des choses peut-être plus génériques ou en offrant des choses adjacentes au nouveau service.

[00:49:51.220] – Tatiana St-Louis

Love it. Je voulais qu’on finisse peut-être sur… On a parlé de pivot, mais je pense que c’est important aussi… Si vous vous êtes capable de schématiser sur quoi on a discuté, c’est qu’on parle de pivot au moment où on sent la stabilisation. Si on voit la business comme faisant partie d’un cycle, il y a différents cycles qui sont le démarrage, après ça, il y a une période de croissance, une stabilisation, puis après ça, on fait souvent un pivot vers… Puis on recommence un cycle. Les pivots, souvent, vont précéder justement des périodes de croissance, idéalement. Mais je pense que souvent, les gens pensent que la croissance, c’est ce qu’ils désirent plus que tout, alors qu’ils oublient que les croissances sont des moments douloureux dans des entreprises. Les moments où on a l’impression de se tourner les pouces, c’est la stabilisation. Mais les moments où on est en croissance, c’est des moments qui sont… Il faut juste penser à n’importe quel type de croissance. Quand vous grandissiez, vous étiez ado, on avait mal, on n’était pas beau, il y avait tout un tas de choses qui se passaient, c’était le chaos. La croissance est un événement chaotique.

[00:51:11.680] – Tatiana St-Louis

Un pivot peut mener à des événements chaotiques et à quelque part, c’est là que les systèmes deviennent importants pour se reposer sur des systèmes préexistants qui nous disent « Quand on rentre en chaos, voici sur quoi on peut mettre pied pour être capable de retrouver un semblant de stabilisation. Par exemple, un des événements chaotiques qui pourraient arriver, c’est plus de visites sur un site. Soudainement, on a fait le pivot, ça fonctionne, on est dans un bon créneau. Soudainement, on arrive dans cette croissance de visibilité. Mais ça, ça peut être vraiment dangereux pour une entreprise. Dangereux dans le sens que ça peut ébranler les systèmes d’une façon à ce que les systèmes ne soient pas capables de s’adapter à ce type de croissance. Toi, surtout qui vois plus le back-end de tous ces systèmes-là, comment tu peux te préparer toi ou tes clients à ces événements qui seraient comme post-pivot?

[00:52:25.220] – Myriam Jessier

Il y a plusieurs éléments. Numéro un, j’aimerais bien ramener une citation d’un de mes amis qui est aussi expert SEO à l’international, un Québécois que j’adore qui s’appelle Samuel Lavois. C’est le premier à m’avoir donné un conseil parce que je me plaignais en disant « J’ai trop de clients. Je ne sais plus comment faire face. Je suis trop stressée. Et quand je dis non, ils refusent d’entendre le non. » J’étais jeune et j’étais naïve. Et il m’a dit « Quand tu as trop de demandes, il est temps d’augmenter ton prix. » Donc, il y a certaines choses comme ça où quand on a trop de succès, encore une fois, c’est peut-être un signal, plutôt que de brûler ou d’augmenter les revenus à fond, qu’on veut peut-être travailler moins, mais faire du qualitatif et donc on augmente les prix. Un autre élément à considérer dans ces moments-là, dans ces moments chaotiques, c’est qu’il y a deux avenues de développement. Ou on élargit son offre de services, donc on va ajouter une autre corde à son arc, MAIS on le fait de manière très réfléchie en termes de… C’est des vases communicants, donc si on va ajouter une nouvelle corde à son arc, il faut que la clientèle, elle, reste toujours la même. On ne veut pas ouvrir et la clientèle et les services. Parce qu’on risque de se retrouver avec beaucoup de gens qui vont faire des demandes, mais peu de contrats signés, parce qu’on n’est pas assez spécifiques. C’est important de bien comprendre qu’il y a deux avenues de développement. On ajoute une corde à son arc ou on va aller chercher à desservir des nouveaux secteurs ou des nouveaux marchés qui peuvent être bénéfiques, mais il ne faut pas faire les deux en même temps. Ça va à l’encontre, entre guillemets, de la stabilisation. Ça peut peut-être aider la croissance, mais est-ce qu’on a les reins pour faire tout ça et le faire de manière vraiment qualitative sur le long terme? La plupart du temps, la réponse est non. Pourquoi? Parce qu’à la fin de la journée, pour avoir un bon système quand on est en train de croître ou de se stabiliser l’un ou l’autre, c’est qu’on règle des problèmes. Donc, pour trouver les bons clients, il faut répondre aux bons problèmes. J’ai un ami qui demande plusieurs milliers de dollars US par jour. C’est vraiment le caniche de compétition, pédigrée jusqu’à l’arrière-arrière-grand-parent, le Westminster Show.

[00:54:54.500] – Myriam Jessier

Je lui ai dit « Comment est-ce que tu es capable de demander autant d’argent par jour? » Il m’a dit « Parce que moi, je ne suis pas là à faire du SEO. Je ne suis pas là à faire du marketing. Je suis là à régler des problèmes pour des gens qui ont les moyens de payer pour que ces problèmes compliqués soient réglés. Je ne suis pas là pour le reste. Et j’ai peut-être deux clients comme ça, mais ces deux-là, ils sont prêts à payer mon taux à moi. » Donc, il faut bien comprendre que pour trouver les bons clients d’une entreprise, il faut répondre aux bons problèmes. Et si le système, il n’est pas orienté à régler les problèmes des gens aucune chance de croissance, aucune chance de stabilisation, ça va toujours être le chaos.

[00:55:36.860] – Tatiana St-Louis

Oui, exactement. Je pense que les gens font l’erreur de penser que croissance veut dire augmentation de revenus, mais la croissance n’est pas nécessairement la partie où on fait les revenus. La croissance, c’est le moment où on fait des investissements. La croissance, c’est le moment où on met le plus de travail pour s’assurer que justement, il y ait une stabilisation qui va suivre ce chaos-là, parce que ça peut très bien partir en vrille, et on n’est plus capable de contrôler la machine.

[00:56:03.570] – Myriam Jessier

Ça amène à un autre point aussi, c’est que dans ces systèmes-là, il faut bien prendre en compte, moi je le sais, je vois et je vis la dualité, parce que je suis très entrepreneuse, je vais prendre des risques, je vais penser au pivot et je vais tout mettre en place pour les pivots. Mais ça fait mal, c’est difficile et le retour sur investissement arrive plus tard, bien entendu. Donc, on peut avoir des débuts encourageants, mais on prend des risques. Et je sais qu’au sein de mon entreprise, je vis l’opposé avec mon partenaire qui fait très attention, est très conservateur. Mais c’est aussi la personne qui va être la force stabilisante de l’entreprise. Ça, c’est important parce que sinon, on pivote dans tous les sens au point où on devient une boussole. Ça, ça ne marche pas non plus. Mais il faut aussi se poser la question dans les systèmes de croissance et de stabilisation, est-ce que tu en as marre de faire une certaine tâche? Est-ce qu’on peut l’externaliser? Est-ce qu’on peut la repenser pour que ça soit quelque chose d’utile et en demande, sans pour autant se pourrir la vie, sans pour autant perdre du temps, sans pour autant perdre de la valeur ou de la diluer? Ces systèmes-là, il faut aussi considérer est-ce qu’on va retravailler le onboarding des clients? Est-ce que la pipeline des ventes va être repensée? Est-ce qu’on va avoir certaines choses qui sont automatisées parce que ça nous aide? Est-ce que, par exemple, on en a marre de faire ça, donc on va éduquer les clients, leur apprendre comment le faire, comme ça, nous, on peut faire autre chose. Ce côté-là, ces systèmes-là aussi, ça peut être quelque chose qui vient de l’extérieur. On réfléchit, est-ce que les clients, la demande, l’offre, tout ça, ça se cristallise en termes de « Je dois ajouter une nouvelle corde à mon arc. » « Est-ce que je dois desservir des nouveaux marchés ou des nouvelles clientèles? Ou est-ce que tout va bien, mais maintenant, j’arrive à une phase de stabilisation? J’arrête de faire quelque chose à la main de manière artisanale et à toujours répéter les mêmes choses et je systématise. »

[00:58:18.470] – Tatiana St-Louis

Exact. Parce que la stabilisation permet de réutiliser l’énergie qui était mise dans ces systèmes-là et de la réinvestir. Ça reste, puis je reviens avec, je replug Autopoiesis ici, ça revient à est-ce que l’entreprise est capable de faire ces « pivots-là » en réinvestissant constamment la bonne énergie de la bonne façon pour voir un progrès?

[00:58:46.770] – Myriam Jessier

J’ai une anecdote par rapport à ça que je trouve assez importante. J’ai travaillé avec des entreprises qui avaient capitalisé sur le momentum d’une autre entreprise. J’ai travaillé pour une entreprise qui a acheté un petit projet. Un développeur avait un side project, ils l’ont acheté alors que le projet commençait à avoir sa notoriété et ils ont fait grandir le projet. Mais ils n’étaient pas à la genèse du truc, un peu comme Elon Musk avec Tesla. C’est très compliqué, quand on fait grandir quelque chose, mais qu’on ne sait pas comment le succès est arrivé, comment est-ce qu’on a construit cette image de marque par-dessus la fondation, de pivoter ou de lancer une autre affaire? Parce que là, on prend des risques à l’aveuglette. C’est très important de bien comprendre, oui, le marché, mais aussi quelle est notre place dans le marché. Quelle est notre image de marque? Comment est-ce qu’on capitalise dessus? Et est-ce qu’on est capable d’avoir une autre branche ou une autre corde à notre arc? Bref, il faut savoir d’où vient le succès pour pouvoir construire dessus. On ne peut pas dire « J’ai eu de la chance ».

[01:00:01.120] – Tatiana St-Louis

Exactement. C’est là que ça devient vraiment très intentionnel, l’entrepreneuriat. Myriam, je trouve que ça fait une belle conclusion à ces deux épisodes de podcast qu’on vient d’enregistrer. En plus, à chaque fois que je te parle, j’ai l’impression que tu connais exactement où je m’en vais dans mon entreprise, parce que tu fais de la pub pour mes prochains programmes en ce moment avec tout ce que tu dis, parce qu’on est exactement sur la même longueur d’onde. Je pense que c’est dans cette direction qu’on veut aussi éduquer les gens à aussi sophistiquer leurs connaissances de leurs systèmes entrepreneuriaux. Des systèmes, ce n’est pas juste ton SEO, ce n’est pas juste ton brand, ce n’est pas juste… Tout fait partie de cet écosystème-là qui doit travailler ensemble pour permettre l’évolution et l’antifragilité dont on parlait tantôt. Redis-nous encore une fois où on peut te suivre et si tu as un mot de la fin, naturellement, on serait heureux de l’entendre.

[01:01:03.710] – Myriam Jessier

On peut me retrouver sur le web. Mon entreprise s’appelle PRAGM. P-r-a-g-m. Si vous avez besoin de formation pour développer certains systèmes SEO ou Analytics, je suis la bonne personne. Si vous voulez retrouver des astuces, c’est sur LinkedIn que ça se passe à mon nom, Myriam Jessier. Et sur le mot de la fin, j’aimerais bien le donner aux auditeurs et aux auditrices. Moi, je veux tout savoir des pivots que vous avez pris et qu’est-ce qui a été payant et qu’est-ce qui ne l’a pas été? Parce que je me doute qu’on n’est pas les seuls à se parler de pivots. Donc, je suis vraiment curieuse.

[01:01:41.820] – Tatiana St-Louis

Ouais, n’hésitez pas à tager Myriam et moi sur LinkedIn avec vos commentaires. On veut savoir, on veut participer à la conversation et que vous participiez à la conversation aussi. Myriam, merci encore. Ton intelligence est un baume à mon cœur. J’adore te parler. Love story avec Myriam. Merci d’être venue encore sur le podcast.

[01:02:05.250] – Myriam Jessier

C’est mutuel. C’est un tellement beau compliment, un tellement beau mot de fin. Bref, merci et à bientôt pour une prochaine aventure.

[01:02:12.470] – Tatiana St-Louis

À bientôt pour la prochaine conversation.

[01:02:16.660] – Tatiana St-Louis

Hey, t’es encore là? Ça veut dire que l’épisode t’a plu. C’est vraiment cool ça. Est-ce que je peux te demander quelque chose maintenant? Aide d’autres femmes comme toi à découvrir le podcast en déposant des étoiles d’appréciation pour l’Ambition au Féminin. Sur Apple Podcast, c’est facile : défile tout en bas de la page de l’émission où tu vois les avis et tape sur le cinq étoiles pour faire exploser mon cœur de joie. Sur Spotify, c’est encore plus simple : navigue sur la page du balado et tape l’icône en étoile en bas de la description. Merci d’avance. Je t’apprécie beaucoup.

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à propos de l’auteureTatiana St-Louis

Adepte de littérature russe et collectionneuse de lunettes de designer, Tatiana a fondé Aime Ta Marque pour donner des outils aux femmes de carrière et entrepreneures pour mieux raconter leur histoire personnelle. Spécialiste des communications basée à Montréal, elle s'implique au sein de plusieurs communautés visant au développement professionnel des femmes.
Ep.-147-Lart-du-pivot-entrepreneurial-avec-Myriam-Jessier-partie-2

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