Pigiste et argent : se débarrasser de la peur pour faire de meilleurs choix

pigiste et argent

Un pigiste, surtout dans sa première année d’opération, doit faire face à une situation bien particulière. Son entreprise n’est pas encore rentable, mais il lui faut parfois débourser de gros montants pour la démarrer. Une identité visuelle, un site Web, du matériel informatique et de bureau, etc. Ce n’est pas donné et ça grève un budget!

Devant l’éventualité de mettre la main à son portefeuille ou de demander un prêt, une émotion se pointe fréquemment : la peur. Celle de manquer d’argent, celle de ne pas en gagner assez, celle de devoir se priver de tout pour arriver. C’est dur à vivre. Mais pire encore, ça peut amener à baser ses choix sur la crainte plutôt que sur ce qui est bon à long terme pour son entreprise.

Voici cinq choix que la peur de manquer d’argent ne devrait pas vous dicter.

1. Négliger la formation continue

Investir dans son entreprise, surtout quand on est pigiste ou micro-entrepreneur, ça veut d’abord dire investir sur soi-même. Les formations en ligne, les programmes d’études traditionnels, les congrès… Autant d’occasions d’augmenter ses compétences et de se tenir au courant des dernières avancées dans son domaine. Certaines sont gratuites ou offertes à prix modique; d’autres demandent de débourser des centaines de dollars, voire plus.

Dites-moi ce qui coûte le plus cher à long terme : avoir un petit budget annuel pour suivre des formations choisies selon vos objectifs ou passer à côté d’opportunités d’affaires ? Parce qu’à long terme, il s’agit bien de ça : pouvoir créer des occasions d’affaires avec les nouvelles compétences acquises, car les besoins des clients évoluent sans cesse. Ainsi, le pigiste qui sait tirer son épingle du jeu est celui qui augmente constamment sa capacité à satisfaire ces besoins changeants. La formation est donc l’un des meilleurs moyens de faire passer vos affaires à la vitesse supérieure!

2. Se priver d’une image de marque et d’outils de marketing

Au moment où je montais mon plan d’affaires, j’ai interrogé un bon nombre de travailleurs autonomes et de propriétaires de microentreprises sur le montant investi annuellement dans leurs efforts de marketing. J’ai été un peu surprise d’apprendre qu’une grande proportion n’avait prévu aucun budget annuel pour leur branding. Un grand nombre n’avait même pas de présence Web.

L’une des principales raisons invoquées pour justifier cela était que les travailleurs autonomes ne voyaient pas vraiment en quoi ça pouvait leur rapporter. Tout se passait comme s’ils voyaient cela comme une dépense, plutôt que comme un investissement.

Or, faire des affaires (surtout sur le Web), c’est évoluer dans un monde où les perceptions comptent. Pour vendre, il faut se montrer sous un jour qui attire ses clients idéaux. Mais sans site Web et sans image de marque, c’est beaucoup plus difficile de vous distinguer de ceux qui occupent la même niche que vous. Vos clients potentiels auront donc plus de difficulté à vous trouver.

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On ne le dira jamais assez : pour arriver à vivre de son entreprise, il faut apprendre à affirmer sa valeur.

3. Offrir son travail à rabais

Établir le juste prix pour ses produits ou services, c’est tout un art. Il arrive qu’on en sous-évalue la valeur. En tout cas, moi, ça m’est arrivé! C’est souvent le manque d’expérience qui fait agir ainsi, mais aussi la peur. On est excité d’avoir enfin une grosse commande puis soudain, on est coupé dans son élan. « Et si le client décidait de refuser mon offre parce qu’il trouve que je demande trop? » Ah, les fameuses pensées qui commencent par « si »! Elles ont tout à voir avec notre imagination et reflètent rarement la réalité.

Quelle est la réalité, alors? Un client ne regarde pas que le prix lorsqu’il évalue une offre. En général, il est aussi attiré par la valeur que votre travail ajoutera à son entreprise. S’il tient à retenir vos compétences, il sera prêt à en payer le prix.

4. Omettre d’affirmer votre valeur

On ne le dira jamais assez : pour arriver à vivre de son entreprise, il faut apprendre à affirmer sa valeur. Il faut se chasser de l’esprit qu’on peut attirer de bons clients en offrant ses services pour moins qu’ils ne valent.

Sous-évaluer vos mandats peut vous faire mal de plusieurs façons. Premièrement, il y a de fortes chances que les clients que vous réussirez à attirer ainsi vous engagent davantage pour votre prix que pour vos compétences. Ceux-là n’hésiteront pas à aller voir ailleurs s’ils réussissent à trouver un meilleur prix chez un concurrent.

Deuxièmement, lorsque vous calculerez le coût de revient de vos activités, vous risquez de découvrir que vous avez payé pour travailler. Personne ne veut finir l’année financière dans le rouge, n’est-ce pas?

J’ajouterais aussi un troisième risque : celui de dévaluer votre travail aux yeux des clients et, par ricochet, de contribuer à entraîner vers le bas le tarif moyen en vigueur dans votre industrie. Car un prix, c’est beaucoup plus qu’une somme d’argent : il crée une perception chez le client. Si vous bradez votre travail, vous envoyez le message qu’il ne vaut pas grand-chose ou qu’il n’est pas le fruit d’une véritable compétence. À long terme, on est donc toujours gagnant lorsqu’on demande un prix équitable, même si cela fait parfois perdre des mandats.

5. Ne pas faire affaire avec des professionnels

Il existe bien des moyens de s’en tirer à bon compte quand on démarre son entreprise. On peut courir les soldes pour son matériel de bureau. On peut acheter des appareils informatiques reconditionnés. Il est même possible d’installer un bureau à la maison avant d’avoir les moyens de louer un local ou une place dans un espace de coworking.

Par contre, il y a toujours un moment où, de toute évidence, faire sa «cheap» a des limites. C’est particulièrement vrai quand on a besoin de services spécialisés, comme ceux d’un comptable, d’un conseiller juridique, d’un graphiste ou d’un développeur Web.

Bien sûr, plusieurs sites ou applications permettent de trouver des modèles de contrats, de monter un site Web ou d’obtenir un logo pour une fraction du prix que demanderait un professionnel. Cette solution peut être avantageuse si elle est temporaire ou si vous exercez une activité pour le plaisir.

Par contre, si votre but est de fonder une entreprise durable et rentable, débourser pour collaborer avec des professionnels est essentiel, car cela rapporte. N’hésitez donc pas à engager des experts dans leur domaine, même si ça coûte plus cher. Ces personnes deviendront des collaborateurs précieux dont les conseils vous propulseront à des sommets que vous n’aviez peut-être jamais imaginés!

Amies pigistes, est-ce que la peur de manquer d’argent vous a déjà influencé dans vos décisions? Quel est l’investissement que vous vous félicitez d’avoir fait pour votre entreprise ou, au contraire, que vous avez regretté?

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À propos de l'auteure
Isabelle Doucet

Isabelle Doucet

Isabelle est certainement la preuve que des études de littérature peuvent mener à (presque) tout. Après une maîtrise et une moitié de doctorat en études littéraires, elle a été chercheuse, enseignante, coordonnatrice, spécialiste en communication, dans cet ordre. Elle est à peu près certaine que dans 10 ans, elle exercera certainement une activité qui n’existe pas encore! À la fin de 2016, sa résolution a été de prendre les rênes de sa vie professionnelle et de plonger dans l’univers exigeant, mais combien fascinant de l’entreprenariat. Sa contribution à Aime ta marque touche des thèmes pratico-pratiques liés à l’entreprenariat au féminin et à son expérience de pigiste.

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