L’auto-promotion : comment se vendre sans y laisser son âme

Auto-promotion - Aime ta marque

Personne n’aime avoir à « se vendre ». C’est pas civilisé, c’est même humiliant. C’est vrai, quoi. On nous montre dès notre plus jeune âge les vertus de la modestie, de l’humilité, de la discrétion. Remercions notre héritage judéo-chrétien pour ça… On parle avec mépris de la « tête enflée », du vaniteux, du narcissique. Il existait jadis un Tumblr – malheureusement aujourd’hui défunt – sur ces Mr. (et Mrs.) Big qui n’ont pas leur langue dans leur poche quand vient le temps de s’auto-congratuler. On aime détester ces gens qui apparaissent si satisfaits d’eux-mêmes, si pleins d’ego, qu’il ne semble pas y avoir de place sur cette grande planète pour un autre individu de leur trempe. Bref, tout un tas de choses nous passent par la tête lorsque l’on pense à l’auto-promotion. Mais ne serions-nous nous pas plutôt sujets à un problème de perception?

Faire taire la gêne

Quand j’ai terminé l’université, j’ai compris que la seule mention de mes diplômes et l’explication (parfois inconfortable) de mon sujet de mémoire ne marquaient pas nécessairement des points auprès de mes futurs employeurs. Pendant un temps je me suis dit que c’en était mieux ainsi, qu’ils ne « comprenaient pas » ou que ce n’était pas un bon fit. Mais après une poignée d’expériences d’emploi et quelque temps passé dans le milieu corpo à observer les mœurs et coutumes de mes collègues, j’ai tranquillement commencé à intégrer des techniques de self-marketing pour ma propre personne. Aujourd’hui, je suis finalement heureuse d’avoir réussi à faire taire la gêne que je ressentais à parler de moi et de mes accomplissements de façon positive.

Après tout, l’une des grandes réalisations que j’ai faites au cours des dernières années a été d’intérioriser le fait que si je ne me faisais pas une place, personne n’allait me la donner. Une leçon qui n’est pas intuitive pour quelqu’un qui avait jusqu’à présent fait confiance au tout-puissant modèle universitaire, où le système hiérarchisé de notes s’harmonisait parfaitement avec mon sentiment de réussite. Tout était différent à présent. C’était désormais de ma responsabilité de me positionner et de me faire valoir, et ce sans l’apport rassurant de la bonne vieille grille d’évaluation. Il était temps que j’apprenne à répondre à la question : pourquoi me choisir moi vous plutôt qu’un autre ?

3 trucs pour communiquer sa valeur avec intégrité

À moins que vous soyez un prince héritier ou indépendant financièrement, le plus rapidement vous en viendrez à la réalisation qu’il est dans votre seul et unique intérêt de savoir communiquer votre valeur à votre entourage, le plus tôt vous serez en mesure de vous frayez la place que vous convoitez (et que vous méritez!). Y arriver implique invariablement un peu de travail de défrichage. Voici trois pistes qui vous permettront de changer votre perception de l’auto-promotion.

1. Ne pas tomber dans le piège de l’auto-validation

J’ai toujours évité des emplois dans la vente, car en tant qu’introvertie et timide de nature, l’idée de solliciter le temps et l’attention d’inconnus pour leur transmettre la salade d’une entreprise avec laquelle je n’aurais que peu d’affinités me donnait des boutons.

Cependant, c’est après avoir lu un excellent petit article écrit par Jason Leister, ancien musicien devenu entrepreneur et créateur du blog IncomparableExpert, que je me suis questionnée sur le pourquoi de cette aversion. La réponse : j’avais peur de me faire dire « non ». Comme pour Leister, une vente ratée représentait bien plus à mes yeux : un rejet de ma personne, une preuve de mon inaptitude, un échec. Drapeau rouge !

Lorsqu’il est question d’auto-promotion, il est inutile de s’attendre à recevoir de la validation de la part de ses interlocuteurs. En effet, personne ne possède le pouvoir de valider qui vous êtes ! En enlevant le focus sur l’objectif de la « vente » – que ce soit de recevoir une offre à la suite d’une entrevue d’embauche, de remporter un contrat important ou d’obtenir un entretien avec un individu influent – vous serez plus apte à vous recentrer sur ce qui vous donne une réelle valeur et à trouver comment transmettre cette valeur à l’autre personne. L’issue de l’interaction est hors de votre contrôle, concentrez-vous sur ce que vous maîtrisez : vous-même.

2. Embrasser positivement son histoire personnelle

S'inscrire à l'infolettre.Ceci mène au second point qui est tout aussi important : se voir sous un jour favorable et apprendre à raconter son histoire positivement. Vous considérez peut-être que vous avez peu à offrir, que vous n’avez pas d’aptitudes distinctives ou suffisamment d’expérience pertinente. Cette idée fausse est la plus dangereuse qui soit, car elle implique que vous n’avez peut-être pas une bonne opinion de vous-même et que vous manquez de confiance en vous.

C’est un sujet délicat, car d’un côté il est difficile d’admettre ses problèmes de confiance en soi, même s’ils demeurent à la source de notre (in)succès. De l’autre, ils sont bel et bien réels et demeurent ancrés dans nos habitudes et modes de pensée. Dans les cas les plus profonds, approcher la problématique avec l’aide un professionnel est probablement un excellent investissement de temps. C’est un travail de longue haleine, mais qui aura une grande incidence positive sur le reste de votre vie.

Pour vous aider à établir une histoire positive de vous-même, commencez par lister vos accomplissements, grands et petits, peu importe leur catégorie. Ils peuvent avoir rapport à votre éducation, aux sports ou loisirs que vous pratiquez, ils peuvent même être reliés à votre vie personnelle ! Votre histoire est un tout, il ne s’agit pas simplement de déterminer qui vous êtes au travail, mais de qui vous êtes en tant que personne dans toutes les sphères de votre vie.

En complément, pensez à des difficultés que vous avez éprouvées et comment vous les avez surmontées. Qu’est-ce que cela dit sur vous? Avez-vous témoigné de ce même caractère dans d’autres contextes ? L’objectif est de faire un topo de vos forces, de vos faiblesses et de les mettre en perspective.

3. Tout est question de nuance

Dans n’importe quelle stratégie de communication ou de marketing, le plus grand défi est de trouver le bon ton, les bons mots. Pour ce faire, il est nécessaire de vous mettre à la place de votre public cible. En effet, il y a des endroits où il faut parler plus fort que les autres pour être entendu, littéralement et métaphoriquement. Êtes-vous dans un milieu où la culture de vente est forte ? Ou bien évoluez-vous dans un environnement plutôt introverti où ce genre de comportement est peu fréquent ? Connaître votre public va rendre l’exercice d’auto-promotion moins awkward. Regardez ce que les autres qui réussissent à obtenir des promotions ou des accolades font et prenez note. C’est parfois aussi simple que d’amener le sujet d’une façon différente dans la conversation.

Enfin, je crois que l’authenticité est le meilleur outil pour vous dégager des mauvais sentiments reliés à l’auto-promotion. Pour bien raconter votre histoire, utilisez des mots qui résonnent pour vous. Le plus j’ai appris à me connaître , le plus j’ai acquis une sécurité dans la façon que je me présente aux autres. En étant honnête avec moi-même, j’ai découvert comment faire la différence entre une réussite et un coup de chance, entre mes valeurs réelles et les choses que je fais pour plaire ou me conformer et entre mes aspirations et mes obligations. Ceci prend du temps et de l’ouverture envers vous-même. Soyez à l’écoute !

Enfin, plusieurs personnes mélangent vente et manipulation. Oui, vous espérez qu’il y aura un résultat qui sera à votre avantage au bout du compte, mais vous ne voulez pas y arriver à tout prix. L’auto-promotion est un exercice qui se fait sur le long terme, à travers plusieurs expériences et auprès de plusieurs interlocuteurs différents. Si vous croyez en vous-mêmes et présentez un portrait vrai et authentique, sans diminuer ou exagérer vos bons coups et en comprenant que votre valeur est indépendante de ce que les autres disent ou pensent de vous, je vous garantis que vous arriverez à passer votre point sans résistance et à vous présenter sous un jour favorable, peu importe l’issue de la conversation.

Et vous, qu’en pensez-vous ? J’aimerais lire votre opinion sur vos difficultés lorsque vient le temps de vous « vendre » ou encore vos trucs et conseils en la matière.

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À propos de l'auteure

Tatiana St-Louis

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Adepte de littérature russe et collectionneuse de lunettes de designer, Tatiana a fondé Aime Ta Marque pour donner des outils aux femmes de carrière et entrepreneures pour mieux raconter leur histoire personnelle. Spécialiste des communications-marketing basée à Montréal, elle s'implique au sein de plusieurs communautés visant au développement professionnel des femmes.

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